В вашей обширной родине, которую я всегда уважал как какое-то огромное, темное, неразгаданное дитя провидения, которого внутренний смысл еще неизвестен, но который очевидно не исполнен в наше время; она имеет талант, в котором она первенствует и который дает ей мощь, далеко превышающую другие страны, –
Несмотря на наши разномыслия, я буду очень рад, если вы заедете ко мне, будучи в городе; да я и сам надеюсь как-нибудь, прогуливаясь, завернуть в вашу Чомле-Лодж и потолковать с вами о разных разностях.
С искренним уважением и желанием всякого добра…
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Примечания
1. Гурвич-Лищинер С. Д. Творчество Александра Герцена и немецкая культура. – Франкфурт-на-Майне: Peter Lang, 2001. С. 271–272.
«The murderer Barthélemy
A monsieur le rédacteur du “Times”.
Monsieur le Rédacteur, – Je viens de lire dans votre estimable feuille de ce jour, sur les derniers moments du malheureux Barthélemy, un récit, auquel je pourrais beaucoup a jouter, tout en y relevant un grand nombre de singulières inexactitudes. Mais, vous comprenez, Monsieur, tout ce que m’impose de réserver ma position de prêtre catholique et de confident du prisonnier.
J’étais, donc, résolu de demeurer étranger à tout ce qui serait publié sur les derniers moments de cet infortuné (et c’est ainsi que j’avais refusé de répondre à toutes les demandes qui m’avaient été adressées par des journaux de toutes les opinions); mais je ne puis laisser passer sous silence l’imputation, flétrissante pour mon caractere, qu’on met adroitement dans la bouche du malheureux prisonnier, quand on lui fait dire: “que j’avais trop bon goût pour le troubler au sujet de la religion”.
J’ignore si Barthélemy a réellement tenu un pareil langage, et à quelle époque il l’a tenu. S’il s’agit de mes trois premières visites, il disait vrai. Je connaissais trop bien cet homme pour essayer de lui parler de la religion avant d’avoir gagné sa confiance; il me serait arrivé ce qui était arrivé à d’autres prêtres catholiques qui l’ont visité avant moi. Il aurait refusé de me voir plus longtemps; mais dès ma quatrième visite la religion a été le sujet de nos continuels entretiens. Je n’en voudrais pour preuve que cette conversation si animée, qui a eu lieu entre nous dans la soirée de dimanche sur l’éternité des peines, l’article de notre, ou plutôt de sa religion, qui lui faisait le plus de peine. Il refusait, avec Voltaire, de croire, que –
Je pourrais citer encore les paroles qu’il m’adressait un quart d’heure avant de monter à l’échafaud; mais, comme ces paroles n’auraient d’autre garantie que mon propre témoignage, j’aime mieux citer la lettre suivante, écrite par lui le jour même de l’exécution, à six heures du matin, au moment où, selon le récit de votre correspondant, il dormait d’un profond sommeil:
“Cher Monsieur l’Abbé, – Avant de cesser de battre, mon cœur éprouve le besoin de vous témoigner toute sa gratitude pour les soins affectueux que vous m’avez si évangeliquement prodigués pendant mes derniers jours. Si ma conversion avait été possible, elle aurait été faite par vous; je vous l’ai dit: je ne crois à rien! Croyez bien que mon incrédulité n’est point le résultat d’une résistance orgueilleuse; j’ai sincèrement fait mon possible, aidé de vos bons conseils; malheureusement, la foi ne m’est pas venue, et le moment est proche… Dans deux heures je connaîtrai le secret de la mort. Si je me suis trompé, et si l’avenir qui m’attend vous donne raison, malgré ce jugement des hommes, je ne redoute pas de paraître devant notre Dieu, qui, dans sa miséricorde infinie, voudra bien me pardonner mes péchés en ce monde.
Oui, je voudrais pouvoir partager vos croyances, car je comprends que ceux qui se réfugient dans la foi religieuse trouvent, au moment de mourir, des forces dans l’espérance d’une autre vie, tandis que moi, qui ne crois qu’à l’anéantissement éternel, – je suis obligé de puiser à ce moment suprême mes forces dans les raisonnements, peut-être faux, de la philosophie et dans le courage humain.