Du reste, а vrai dire, je m'y attendais, parce que l'histoire du boulevard est trop cocasse, tout de mкme. Je parle avec elle et je lui dis que nous nous sommes vus sur le boulevard, aujourd'hui. "Oui, il me semble", me rйpond-elle. "Il me semble"… marrant! Longtemps on parle de la pluie et du beau temps, des vacances, de l'йcole. J'apprends qu'elle a dйfinitivement quittй notre йcole (dommage!) et qu'elle passera l'examen pour la 10e dans une autre йcole. J'apprends qu'elle lit Wells et qu'elle adore Farrиre. Elle me prie de lui en avoir а tout prix.
Elle me demande si je me doute pourquoi, au fond, elle me tйlйphone. Je lui rйponds par ses propres paroles "que parfois elle s'ennuie, alors elle me tйlйphone". Elle rit et dit que jamais elle ne me dira la raison. Et elle me prie de lui trouver Farrиre (en russe naturellement). Je le lui promets, dans la limite du possible, et lui dis que je lui tйlйphonerai vers quatre heures. Elle me donne son numйro de tйlйphone, sur quoi l'entretien prend fin. Sur ce je suis piquй au jeu: je serais un fichu type si je ne pouvais pas lui trouver son Farrиre. Je tйlйphone successivement а la Bibliothиque Lйnine, а la Bibliothиque Historique, dans la Bibliothиque de Littйrature Etrangиre. Dans la 1иre pas de livres а domicile, dans la seconde pas de livres non-historiques а domicile, dans la troisiиme pas de livres йtrangers traduits en russe. Lа dessus un intйrкt purement sportif se met а me dйmanger le cerveau. Je sors et fous le camp а la biblio du quartier, oщ on me dit qu'ils n'ont pas de Farrиre. Je me fous dans un tram. Et me fous jusqu'а la Sretenka, oщ il y a un bureau de renseignements. A la prйposйe j'explique mon cas. Il fait un soleil de Sahara et tout et tout. Enfin, aprиs de longs coups de tйlйphone а des gens qui manifestement ne comprennent pas de quoi il s'agit, la prйposйe me communique deux adresses de biblio et deux numйros de tйlйphone. Je tйlйphone а l'une des biblio - ils n'ont pas de Farrиre; а l'autre - Farrиre est continuellement occupй. J'en fais une bille! Je tйlйphone а ma tante Lilia qui me dit qu'elle n'a pas de Farrиre en russe et qu'elle ne peut en trouver. Je sors de la cabine tйlйphonique. Vlan! je rencontre le frиre de Moulia que je n'ai pas vu depuis un bout de temps. Il me dit que Moulia a dйmйnagй rue Bйlinsky avec son fils (si j'ai bien pigй). Rue Bйlinsky, c'est dans le centre, prиs de la rue Gorki; c'est beaucoup mieux que l'endroit oщ Moulia habitait avant (beaucoup mieux comme quartier). On bavarde un moment et on se quitte "comme des bateaux en mer". Je me rappelle qu'il faut que j'achиte le billet pour le foot. Pour cela je prends le tram jusqu'а la station "Kirovskaпa" d'oщ je tйlйphone а Valia (4 heures sonnent, oщ plutфt ne sonnent pas). Je lui communique le rйsultat plutфt piteux de mes dйmarches, mais entre temps je glisse des phrases qui montrent que je me suis donnй de la peine pour trouver ce que je cherchais pour elle. Je lui communique l'adresse de la biblio oщ il y a tout de mкme du Farrиre, mais rarement. Elle me remercie. Je lui dis que je suis а la Kirovskaпa. Elle me traite de papillon (voltigez), bien que je ne ressemble guere а un papillon. Je lui dit que je vais au foot, je l'invite mais elle dit qu'elle est enrhumйe et tout зa. Au fond, elle a raison. Et puis elle me prie de lui trouver des livres а lire: elle dit qu'elle passe tout son temps а lire et qu'il fait si chaud а Moscou. On bavarde encore un peu et on se quitte - elle me prie de lui trouver quelque chose а lire de bien, je le lui promets, et je promets de lui tйlйphoner demain. 11h.30, ma mиre est arrivйe. Je me couche, je continuerai demain.
Сегодня хороший для меня день, хорошо наполненный и интенсивно прожитый. Утром я пoтащился в разные места, чтобы починить свои ботинки. Вернулся домой на трамвае и вижу Вольфа, немецкого писателя, только что вернувшегося из Испании и концентрационных лагерей во Франции. Он произносил речь в Государственном Издательстве, в канун 1-го мая. Он сходит на "Чистых Прудах", и я схожу вместе с ним: мне хотелось знать, куда он отправляется. Он идет по Чистопрудному бульвару, и самое забавное во всей этой истории то, что ввиду того, что он хорошо одет (по-европейски: берет, плащ), над ним издевается группа нянек, сидящих на скамейке. Мне было в этот момент здорово смешно! Вольф повернул в переулок около кино "Колизей" и там исчез. Я продолжал свой путь к "Покровским Воротам" и бац! Попадаю на Валю Предатько, которая семенила со своей сумочкой. Мы посмотрели друг на друга, но не поздоровались, и это просто чертова чушь, потому что мы уже давно знакомы по телефону. Ну и вот, я прохожу дальше, и мы не здороваемся - просто идиотство!