« Tout s'écoule », dit Héraclite. Tout est en mouvement et rien n'est éternel. C'est pourquoi nous ne pouvons pas « des cendre deux fois dans le même fleuve ». Car quand je me baigne la deuxième fois, le fleuve a changé et moi aussi.
Héraclite mit aussi l'accent sur les oppositions inhérentes au monde. Si nous n'étions jamais malades, nous ne saurions pas ce qu'est la santé. Si nous ne souffrions jamais de la faim, nous ne connaîtrions pas lajoie d'avoir assez à manger. S'il n'y avait pas la guerre, nous n'apprécierions pas la paix à sa juste valeur et si l'hiver n'existait pas, nous ne pourrions pas assister à l'éclosion du printemps.
Le bien comme le mal ont leur place nécessaire dans l'ordre des choses selon Héraclite. Sans le jeu constant entre ces contraires, le monde n'existerait plus.
« Dieu est le jour et la nuit, l'hiver et l'été, la guerre et la
paix, la faim et la satiété », déclarait-il. Il employait le terme « Dieu », mais il va sans dire qu'il ne faisait aucunement réfé rence aux dieux des mythes. Pour Héraclite, Dieu ou le divin est quelque chose qui englobe le monde entier. Dieu se manifeste justement dans les transformations et les contrastes de la nature.
À la place du mot « Dieu », il emploie souvent le terme grec
Derrière toutes ces transformations et oppositions dans la nature, Héraclite voyait donc une unité ou un tout. Ce « quelque chose » à l'origine de tout, il l'appelait « Dieu » ou « logos ».
Les quatre éléments primitifs
Parménide et Héraclite soutenaient des thèses complètement opposées. La
Parménide, comme Héraclite, affirme deux choses. Il sou tient que :
rien ne peut se transformer ;
nos sens sont par conséquent trompeurs.
Héraclite en revanche défend la thèse que :
tout se transforme ( « tout s'écoule ») ;
nos sens sont fiables.
On jxn.it difficilement être plus antagonistes ! Mais qui a rai son? Eh bien,
originaire de Sicile, sortit la philosophie de cette impasse. Tous les deux avaient raison dans une de leurs affirmations, mais tous deux avaient aussi tort sur un point.