Je m'empresse de dire que ce succès n'est pas essentielle ment dû au mérite du livre, qui a, bien entendu, ses points forts et ses points faibles. Mais c'est son genre même — ou plutôt l'absence de ce genre d'ouvrage — qui a clairement mis en évidence un manque. Je crois que nous assistons à l'émergence d'un besoin pour un genre radicalement nouveau d'éducation populaire.
Alors que je travaillais au
Nous vivons dans une société qui en aucun cas ne manque de culture. Au contraire : cette génération produit plus de cul ture qu'individuellement assimilable. Mais nous risquons de perdre nos points d'ancrage communs.
Toutes les sociétés ont besoin d'un forum où les pensées et les idées peuvent s'affronter. A l'origine, la place du marché était un lieu de rencontre, de la façon la plus concrète. Dans la société moderne, la place du marché a perdu cette qualité directe. Puis la radio est apparue. Quand j'étais enfant, nous n'avions en Norvège qu'une seule station de radio. Puis est venue la télévision. Radio et télévision ont sans nul doute enrichi notre culture : nous avions trouvé là un nouveau forum, un nouveau « totem ». Puis tout a explosé. En quelques décennies, les stations de radio et les chaînes de télévision se sont multipliées.
Mais est-ce que cela nous a rendus plus avisés pour autant ? Nous avons un champ de liberté de choix qui ne cesse de s'élargir, mais nous avons aussi perdu quelque chose d'essen tiel. Nous avons perdu le lieu de rencontre. Peut-être la tradi tion historique s'est-elle substituée au rôle de tremplin joué par un lieu d'échanges. Même si nous ne savons pas toujours où nous allons, il peut être utile de savoir d'où nous venons.
La philosophie est bien trop importante pour être consignée dans les rassemblements poussiéreux des académies et insti tutions, loin du tumulte extérieur. Où se trouve aujourd'hui la philosophie normative qui ouvre le débat sur ce qui constitue « l'intérêt de la vie » ?
Je crois que bien des philosophes vont regagner la place du marché. En Europe, nous avons eu de nombreux exemples récents de philosophes professionnels qui osent à nouveau être normatifs.
Le but de la mission de la philosophie n'est pas de parvenir à des conclusions pesantes. En soulevant d'importantes ques tions et en encourageant l'analyse critique, cependant, chacun peut progresser dans la compréhension de ce qui est valable et de ce qui est digne d'un engagement.
Il y a quelque chose de profondément démocratique dans le projet philosophique : il a un lien direct avec tous les gens simplement parce qu'il aborde les questions concernant tout le monde.
« Le Monde de Sophie et la critique
Une science consommée du suspense
« Gaarder a eu recours aux ficelles et astuces des meilleurs auteurs de romans policiers. Avec une science consommée du suspense, digne des plus fins limiers, non dénué de sens poé tique proche du
Vera Kornicker,
« C'est le premier roman sur l'histoire de la philosophie telle qu'on a toujours rêvé qu'on la conte aux enfants... C'est un récit gigogne ludique et fantastique, une fable dont les personnages sont à la fois des paysages mentaux et des êtres de chair, et qui se nomment : Démocrite, Platon, Aris tote, saint Augustin, Copernic, Kant, etc. L'ouvrage est une réponse cinglante à tous ceux qui doutent de la nécessité de rendre la philosophie populaire, accessible à tous, joyeuse et poétique. »
Philippe Petit,
La magie est là