Y a tout à l'heureQuinze ans d'malheurMon vieux LéonQue tu es partiAu paradisD'l'accordéonParti bon trainVoir si l'bastrin-gue et la javaAvaient gardéDroit de citéChez JéhovahQuinze ans bientôtQu'musique au dosTu t'en allaisMener le balA l'amicaleDes feux folletsEn cet asilePar saint' CécilePardonne-nousDe n'avoir pasSu faire casDe ton biniouC'est une erreurMais les joueursD'accordéonAu grand jamaisOn ne les metAu PanthéonMon vieux, tu as dûT'contener duChamp de navetsSans grandes pom-pes et sans pomponsEt sans aveMais les copainsSuivaient l'sapinLe cœur serréEn rigolantPour fair' semblantDe n'pas pleurerEt dans nos cœursPauvre joueurD'accordéonIl fait ma foiBeaucoup moins froidQu'au PanthéonDepuis mon vieuxQu'au fond des cieuxTu as fait ton trouIl a couléDe l'eau sous lesPonts de chez nousLes bons enfantsD'la rue de Van-ves à la GaîtéL'un comme l'au-tre au gré des flotsFur'nt emportésMais aucun d'euxN'a fait fi deSon temps jadisTous sont restésDu parti desMyosotisTous ces pierrotsOnt le cœur grosMon vieux LéonEn entendantLe moindre chantD'accordéonQuel temps fait-ilChez les gentilsDe l'au-delàLes musiciensOnt-ils enfinTrouvé le laEt le p'tit bleuEst-c'que ça n'leRend pas meilleurD'être serviAu sein des vi-gnes du SeigneurSi d'temps en tempsUn'dam' d'antanS'laisse embrasserSûr'ment papaQue tu regrett's pasD'être passéEt si l'bon DieuAim' tant soit peuL'accordéonAu firmamentTu t'plais sûr'mentMon vieux Léon
Le vin
Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1957
Avant de chanterMa vie, de fair' desHaranguesDans ma gueul' de boisJ'ai tourné sept foisMa langueJ'suis issu de gensQui étaient pas du gen-re sobreOn conte que j'eusLa tétée au jusD'octobre…Mes parents on dûM'trouver au pied d'u-ne soucheEt non dans un chouComm' ces gens plus ouMoins louchesEn guise de sang(O noblesse sansPareille!)Il coule en mon cœurLa chaude liqueurD'la treille…Quand on est un sa-ge, et qu'on a du sa-voir-boireOn se garde à vueEn cas de soif, u-ne poireUne poire ou deuxMais en forme deBonbonneAu ventre repletRempli du bon laitD'l'automne…Jadis, aux EnfersCert's, il a souffertTantaleQuand l'eau refusaD'arroser ses a-mygdalesEtre assoiffé d'eauC'est triste, mais fautBien direQue, l'être de vinC'est encore vingtFois pire…Hélas! il ne pleutJamais du gros bleuQui tacheQu'ell's donnent du vinJ'irai traire enfinLes vachesQue vienne le tempsDu vin coulant dansLa Seine!Les gens, par milliersCourront y noyerLeur peine…