Mais ce n’est pas tout. Jack de Nouvelle-Zélande et Don Miguel, après avoir semé la destruction parmi les baleinières de différents navires, furent finalement poursuivis, chassés systématiquement et tués par d’intrépides capitaines qui avaient levé l’ancre dans ce dessein aussi nettement arrêté que celui, autrefois, du capitaine Butler, lorsqu’il se mit en route dans les forêts des Narragansetts afin de prendre le célèbre et meurtrier sauvage Annawon, le chef guerrier du roi indien Philippe.
Je ne saurais trouver meilleur endroit pour parler encore d’une ou deux choses qui me semblent importantes parce que, écrites, elles établissent à tous égards le caractère raisonnable de toute l’histoire de la Baleine blanche et plus encore celui de son épilogue catastrophique. Car c’est là un de ces cas désespérants où la vérité demande à être aussi solidement étayée que l’erreur. La plupart des terriens sont tellement ignorants des merveilles les plus évidentes et les plus manifestes de ce monde que sans quelques références à des faits précis, historiques ou autres, de la pêcherie, ils pourraient voir en Moby Dick une fable monstrueuse ou, ce qui serait détestable et plus grave, une allégorie hideuse et intolérable.
D’abord: Bien que la plupart des hommes aient une notion vague et sommaire des dangers qu’offre dans l’ensemble la grande pêche, ils n’ont pas une conception rigoureuse et vivante de ces dangers et de la fréquence avec laquelle ils se renouvellent. Cela tient peut-être en partie au fait que les journaux ne relatent pas un cinquantième des morts et des désastres survenus au cours des campagnes de pêches, si éphémères et vite oubliées que soient ces relations. Pensez-vous que le pauvre gars qui, en cet instant peut-être, est entraîné à l’abîme par la ligne à la suite du léviathan sondant au large de la Nouvelle-Guinée, pensez-vous que son nom figurera à la rubrique nécrologique du journal que vous ouvrirez à votre petit déjeuner? En fait, avez-vous jamais entendu quoi que ce soit qui ressemble à des nouvelles régulières de la Nouvelle-Guinée? Pourtant je vous dirai que, lors d’un certain voyage que je fis dans le Pacifique, et au cours duquel nous entrâmes en rapport avec trente navires différents, chacun d’eux comptait une mort provoquée par un cétacé, quelques-uns en comptaient davantage et trois d’entre eux avaient perdu une baleinière avec tous ses hommes. Pour l’amour de Dieu, soyez économes de vos bougies et de l’huile de vos lampes, pour chaque gallon que vous brûlez, une goutte au moins de sang humain a été versée!
Ensuite: Les terriens ont une idée en vérité fort imprécise de la taille énorme de la baleine et de son énorme puissance, et lorsqu’il m’est arrivé de leur fournir des exemples formels de cette double énormité, je fus, de manière significative, félicité pour ma bonne plaisanterie, pourtant je jure sur mon âme qu’il n’entrait pas plus dans mes vues de me montrer facétieux que Moïse lorsqu’il écrivit l’histoire des plaies d’Égypte.
Mais heureusement le point particulier sur lequel je désire un témoignage convaincant sera établi indépendamment de moi. Ce point est le suivant: le cachalot est parfois assez puissant, assez intelligent, et peut faire preuve d’une méchanceté assez concertée, d’une préméditation même, semble-t-il, pour défoncer, détruire et couler un vaisseau de fort tonnage. Qui plus est, il l’a effectivement fait.
D’abord: en 1820, le navire l’
Deuxièmement: le même accident arriva, en 1807, au navire