Le r^ole historique de M. Eden

«M. Eden a parl'e, hier, avec son 'eloquence coutumi`ere, de la guerre en Afrique et de la Soci'et'e des Nations. Il a prononc'e, para^it-il, un tr`es beau discours: un de plus. Mais le malaise qui r`egne n’est pas dissip'e, loin de l`a. Ce malaise a trait aux conjonctures ext'erieures devant lesquelles se trouvent aujourd’hui le pays de M. Eden et le n^otre. Rien n’est plus saisissant que de constater, sur l’exemple du ministre britannique des affaires 'etrang`eres, le contraste qui existe entre le r^ole qu’un homme d’'etat voudrait jouer et son r^o1e historique v'eritable. Pourquoi ne dirions-nous pas que, malgr'e l’ab^ime existant entre nos conceptions sociales et les siennes, M. Eden nous inspire une r'eelle et sinc`ere sympathie? (Вермандуа мысленно выругался.) Jeune, brillant, g'en'ereux, aimant le bien, croyant en la Soci'et'e des Nations, il croit servir 1’aeuvre de la paix. Mais a-t-il raison de le croire?

Toute la question est l`a»[43].

Вздохнул опять – ужасный стиль, но иначе нельзя, – счел строки и продолжал писать со все растущей злобой:

«Nous croyons (Dieu veuille qu’il n’en soit pas ainsi) que le r^ole historique de M. Eden sera des plus funestes. Dans le conflit qui s'epare aujourd’hui l’Italie fasciste des grandes d'emocraties, comme l’Angleterre, la France et l’URSS, l’homme d’'etat britannique a prononc'e trop de belles paroles pour ne pas agir. Or, il se trouve aujourd’hui au tournant du chemin. Agira-t-il?

Non, il n’agira pas. II ne fera rien du tout. Ou plut^ot si, il parlera: il prononcera un discours, deux discours, trois discours. Ce seront de tr`es beaux discours encore. Ne parlons pas de M. Laval, ce n’est pas la peine. Mais en ce qui concerne le jeune ministre anglais, nous l’avons, un instant, cru capable de donner un vigoureux coup de reins а ce monde qui s’'ecroule gr^ace а la sottise, а l’impuissance, а l’ego^isme de ses classes dirigeantes. Nous nous sommes tromp'es. M. Eden ne fera rien. M. Mussolini qui sait ce qu’il veut obtiendra tout ce qu’il veut. Il se trouvait dans une impasse: que pouvait, que peut l’ltalie contre la force r'eunie de l’Angleterre, de la France, de l’URSS? La fermeture du canal de Suez serait la fin de la triste aventure, la fin du r'egime fasciste en Italie (et peut-^etre ailleurs), la fin de M. Mussolini. Rien n’'etait plus facile que d’assurer cette fois а la d'emocratic une revanche 'eclatante, une victoire, un triomphe. Dieu sait si elle en avait besoin! Mais le seul m'erite du Duce est de bien conna^itre, а leur juste valeur, ses adversaires.

D'esormais tout est permis, comme disait 1’autre, tout est permis а tous. Le monde s’en ressentira bient^ot et tr`es cruellement. Le r^ole historique du jeune et g'en'ereux ministre, semblable а celui du gamin du conte charmant, sera non pas de proclamer certes (il conna^it trop bien les usages) mais de montrer que le roi est tout nu et que la Soci'et'e des Nations est une vaste blague…»[44]

<p>VII</p>

В назначенный для приема день в здании полномочного представительства было сильное волнение. Затруднения не прекращались до последней минуты. Утром Вислиценус заявил, что представляться не поедет. «Вы как угодно, а я дурака валять не желаю», – угрюмо сказал он послу. «Но отчего же вы молчали до сих пор?» – «Я думал, что вы сами догадаетесь». – «Я о ваших мыслях догадываться не могу, да и не желаю», – сухо сказал посол. – Поверьте, мне так же мало хочется участвовать в этой глупой церемонии, как и вам. Но вы числитесь в моем полпредстве, и я включил вас в список. Если вы этого не желали, ваша обязанность была предупредить меня. Теперь же ваше уклонение обратит на вас особое внимание (он подчеркнул эти слова). По-моему, это весьма нежелательно. Со всем тем, поступайте как знаете, вам виднее».

Вислиценус понимал, что Кангаров прав, хоть и врет, что ему не хочется ехать. «В самом деле, это пустая формальность», – подумал он, выходя из кабинета. Ему навстречу шла Надежда Ивановна.

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