Вот я и вернулся во Франкфурт после выполнения данного мне двойного поручения*, хотя и не могу похвастать, что сделал это с чрезмерной скоростью; я побывал в Швейцарии, которую застал столь же спокойной и процветающей, сколь она выглядит бурной и беспокойной в газетах*; провел две недели в Баден-Бадене, где теперь только одна сутолока, неделю в Вильдбаде, у ног канцлерши; представился, проезжая через Дармштадт, великому князю наследнику и теперь пребываю накануне отъезда в Эмс, к Жуковскому, чтобы немного прийти в себя после всех этих развлечений*. На этом думаю завершить мою поездку, слишком очевидно напоминающую мне бессмысленное хождение взад и вперед по зале на бале-маскараде. Рейнский путь весьма на него походит — та же механическая сутолока, в результате весьма далекая от развлечения. С другой стороны, если отвлечься от моей бренной персоны, нет ничего более восхитительного и ошеломляющего, чем эта колоссальная материальная мощь Европы, все увеличивающийся рост которой внушает вам, против воли, предчувствие катастрофы.

Мое почтение княгине и выражение самой искренней дружбы вашему сыну*.

Ф. Тютчев

<p>Тютчевой Эрн. Ф., 29 июля/10 августа 1847<a l:href="#t_tu4451_621"><sup>*</sup></a></p>142. Эрн. Ф. ТЮТЧЕВОЙ 29 июля/10 августа 1847 г. Франкфурт-на-Майне

Francfort s/M. Ce 29 juillet/10 août 1847

Ma chatte chérie. Avant-hier, en revenant ici, mon premier mouvement a été de courir au bureau de la poste où j’ai eu en effet la satisfaction de trouver trois de tes lettres qui m’attendaient, car il faut que tu saches que je me suis résigné à ne pas en recevoir pendant tout ce temps que j’ai passé à Wildbad pour ne pas courir la chance d’en perdre une par quelque confusion qui aurait pu avoir lieu dans ces envois et renvois mutuels. Si tu t’imagines par hasard que tu conjureras par tes lettres mon impatience de te revoir, tu te trompes beaucoup, car il ne m’est jamais encore arrivé d’en lire une sans me trouver superlativement absurde de t’avoir quittée. Au fond, personne n’a de l’esprit comme toi, et je comprends à merveille qu’auprès de toi tout ce que je rencontre dans le monde me paraisse fade et terne, et il ne faut pas moins que le reflet de ta présence pour me le rendre supportable… C’est tout contrariant, mais c’est ainsi.

Ta lettre du maître de poste de Hapsal — comme on disait du temps de Mad. de Sévigné — m’a beaucoup amusé. Elle est vraiment fort jolie. Il y a peu de feuilletons, et de meilleurs, qui vaillent une pareille lettre. J’aime bien les peurs que tu lui causes avec les excentricités épistolaires de ta correspondance. J’aime beaucoup aussi la figure d’Antoinette Bl en proie à ses doctes perplexités devant ton ignorance si pleine de calme et de sérénité… tout cela m’avait rendu fort heureux jusqu’à ce que je fusse arrivé à l’endroit de ta lettre où tu dis que tu es sans argent et que jusqu’à nouvel ordre tu allais vivre aux dépens de tes domestiques. Tu comprends qu’il m’ a été impossible de supporter cette idée. Aussi sais-tu ce que j’ai fait? Je t’ai envoyé hier une somme de 800 r ar accompagnée d’un mot d’avis pour le Pce Wiasemsky pour le prier qu’aussitôt la lettre de change arrivée il eût soin de t’en faire parvenir le montant à Hapsal le plutôt possible. Voilà l’usage que j’ai fait de ta lettre pour Rotschild, car je suis heureusement dans le cas de pouvoir n’y pas recourir pour mon propre compte, attendu que j’ai encore par-devers moi deux cents et quelques ducats qui doivent suffire pour défrayer la seconde moitié de mon voyage… Pourvu seulement que cette bienheureuse lettre de change arrive assez à temps pour prévenir les dernières extrémités de la détresse. Mais que devient donc mon frère, et peste soit de son absence et de son silence…

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