<p><emphasis>Les quatre saisons</emphasis></p>PrintempsSans voir tes yeux mes yeux se meurentEt d’une mort à petit feuLentement défilent les heuresCelles sans toi m’importent peuÉtйJ’ai froid sans toi la caniculeSe passe de ventilateurJe sais combien c’est ridiculeJe dors près du radiateurAutomneCrois-le ou non je sais j’ai tortD’attendre en vain devant ta porteSans toi tu sais je suis plus mortQue ce tapis de feuilles mortesHiverTu n’es pas là où peux-tu êtreNous serions bien dans mon coconÀ regarder par la fenêtreTomber la neige à gros flocons* * *C’était passé minuit dans un café boboTu venais d’en pousser la porte entrebâilléeAux tables des bougies aux murs blancs des flambeauxQue venait d’allumer la fille ensommeilléeTu portais des bottes une jupe un blousonLe blouson était beige et la jupe était bleueLes bottes rouges et noires comme un tison– Une Parisienne en bottes de sept lieuesArdente et enjouée tu m’as donné alorsUn baiser plein de fougue en disant: que calor!Ton blouson prenait feu au feu de la bougieCe qui advint dis-tu se devait d’advenirEt me voilà au moins avec un souvenirDe nos amours: une manche à moitié rougie* * *Aux rencontres fortuitesAux écarts de conduiteÀ nos chambres secrètesAux puissances discrètesObscures des hasardsEt à tout ce bazarQue ça fout dans nos viesÀ la vie à l’envieDe tes lèvres soudainDe ta langue et tes mainsCaressant à loisirMon corps nu au plaisirAu vertige à l’émoiQu’on ressent toi et moiJe trinque avais-tu ditJe trinque à tout celaMon amour e bastaCosì* * *Tu verras, mon amour, viendra le jour funeste,Où l’amour, mon amour, cet amour un peu fou,Qui mérite à lui seul une chanson de geste,Laissera, mon amour, un grand vide entre nous.Et nous qui nous aimons d’amour comme l’attestentTes lèvres à présent dans le creux de mon cou,Nous nous fuirons l’un l’autre comme on fuit la peste,Nous qui l’un pour l’autre avions une faim de loup.Tu feras à mon nom une moue manifeste,J’aurai dans la bouche comme un arrière-goût,En prononçant le tien, amer et indigeste,Et serai parcouru d’un frisson de dégoût.Qu’y peut-on, mon amour, si l’esprit se délesteDes plus beaux souvenirs quand l’amour se dissout?Car l’amour, mon amour, est comme un palimpseste,On écrit là-dessus, puis on efface tout.* * *Elle, par miracle, dans mon lit, les yeux clos,Un bras sur ses seins nus – sa pudeur l’y oblige —,Et moi, toute la nuit, tremblant, pris de vertige,À contempler, éperdument, le corps d’Élo* * *Main levée Christie’sLe revolver de VerlaineAdjugé vendu* * *
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