Вчерашнее утро было очень дождливым, небо почти не прояснялось. Я поздравил княжну Натали в кабинете у ее отца в 9 часов утра. Около часа дня я пошел к княгине; на террасе я нахожу молодую княжну и спрашиваю, сможет ли г-жа ее любезная матушка принять мои поздравления и свидетельства глубокого почтения. Она входит к ней, вновь появляется и говорит, что меня с радостью ждут, – то, на что я вовсе не рассчитывал, зная, что накануне княгиня была постоянно занята Алексеем и его очаровательной супругой, а это не должно было расположить ее в мою пользу. Тем более я был удивлен ласковым приемом, который она мне оказала; она разговаривала со мной более получаса с милой улыбкой, которая ей не всегда свойственна. После множества шуток, которыми мы обменялись с княгиней и еще одним присутствующим лицом, которым была княжна Натали – ибо мы были втроем, – я попрощался с ними и вернулся к себе, чтобы переодеться и привести себя в порядок.
Се 7 Juillet 1821. A la campagne.
Dix sept jours sans vous voir, Madame! Jugez donc si mon pauvre c œur devrait être déchiré. Mille fois j’étais sur le point d’aller me précipiter, voler à vos pieds, mais un génie ennemi me suscitait toutes les fois quelques fâcheu-ses contrariétés, quelque circonstance qui venait là-dessus près pour déjouer mes resolutions. Pour comble d’infortune, le Prince s’étant demis le pied de-vait garder la chambre et moi son compagnon dans les affaires et dans les ad-versités, je devais rester cloué au chevet de son lit. Enfin je saisis la première occasion favorable qui se fût présentée, je cours, je vole me prosterner devant ma souveraine et lui réitérer foi et hommages jurés tant de fois et si sincère-ment.
Ne croyez pas cependant, Madame, que cette cruelle absence e ût dimi-nué, affaibli les sentiments dont mon âme pour vous est remplie! Eloigné de vous, peut-être oublié, effacé de votre souvenir, mes plus chères pensées, cel-les que je caressais le plus dans mon imagination vous furent toujours con-sacrées; je ne vivais, ne respirais que dans l’avenir, que dans l’èspérance de pouvoir un jour vous les transmettre. Eloigné de vous, j’étais sans cesse en-touré de votre image; je ne lisais que les ouvrages dont nous avons parlé ensemble, que ceux que vous avez eu la bonté de me prêter. Je suis devenu plus dévot, je prie le bon Dieu avec fureur deux fois par jour et c’est afin de pouvoir redire plus souvent votre nom que j ’ai placé dans mes prières. Vous pouvez bien deviner que votre image est alors l’ange tutelaire qui volage autour de ma <нрзб.> et si je desirais voir celui qu e le bon Dieu m’avait donné à ma nais-sance, j’aurais voulu qu’il m’apparût sous vos traits: je l’adressais, je l’en aimerais davantage. J’aime ici la solitude: c’est alors que je suis seul avec vous. Je m’imagine encore d’être auprès de celle que j’adore, j’admire ses grâces, ses talents, son amabilité, je me la représente sous tous les aspects, sous toutes les formes, avec cette variété d’humeur qui la caractérise. Tantôt je crois la voir rire, j’écoute ses babils aimables et enjoué, où l’esprit perce tou-jours à travers le voile de la gaieté dont elle veut le cacher, tantôt je l’entends chanter ces airs que j’aime tant et qu’elle embellit de sa voix; je deviens tout ouïe, je n’ose plus respirer, je crains de perdre le moindre son, la moindre inflexion de sa voix. Tantôt je l’entends raisonner, parler de la littérature, avec ce goût pur, cette justesse du tact juste qui lui sont naturel. Tantôt je suis ab-sorbé dans la contemplation de ses perfections extérieurs, rien ne m’échappe alors: cette figure noble et spirituelle, ces traits qui ont pour moi la régularité d’un beau idéal, cet heureux accord de la beauté et des grâces, ce sourire plein d’appâs, ces yeux dont le feu embrasse le témeraire qui ose les fixer, cet-te blancheur éclatant du teint, cette peau si tendre et si mince, ce joli pied si élégant, que les Grâces elles-mêmes avaient moulé sur modèle, ce beau sein, ce sein, le trône de l’amour et de la volupté… mes yeux croient se promener, caresser tous les contours de ce coprs enchanteur, mon imagination m’entraine, m’égare, je m’enflamme, je brûle, je m’anéantis par l’excès de mes sensations si cuisantes, de mes rêves si séduisantes!..
Helas! qu ’elle est triste, cette réalité que je vois autour de moi lorsque j’ose descendre sur la terre après avoir quitté ces belles régions des illusions où mon imagination m’emporte! Je me vois seul, dans le désert, les beautés de la nature ne font sur moi aucune impression et celui de l’art moins encore.