Aujourd'hui, nous aurions tendance à qualifier la Cité rêvée par Platon d'État totalitaire. Mais il est intéressant de remarquer

que les femmes pouvaient comme les hommes accéder au rang de dirigeants. Car c'est en puisant dans la force de leur raison

?

ue les dirigeants doivent gouverner la Cité et les femmes, selon laton, jouissaient de la même faculté de raisonner que les hommes, si seulement elles pouvaient recevoir le même ensei gnement qu'eux et ne pas être cantonnées à la garde des enfants et aux travaux ménagers. Platon voulait abolir la famille et la propriété privée pour les chefs et les gardiens de la Cité. L'édu cation des enfants était de toute façon une chose trop impor tante pour être laissée à l'appréciation de chacun. (D fut le pre mier philosophe à revendiquer la création de jardins d'enfants et d'écoles communales.)

Après avoir connu de grandes déceptions sur le plan poli tique, Platon écrivit son dialogue intitulé les Lois, il décrit la Cité régie par la loi comme étant juste derrière la Cité parfaite. Il réintroduit à la fois la propriété privée et les liens familiaux. Ainsi la liberté de la femme se trouve à nouveau restreinte, mais il continue d'affirmer qu'une Cité qui n'éduque ni n'emploie les femmes est semblable à un homme qui ne se ser virait que de son bras droit.

D'un point de vue général, Platon avait une vision positive des femmes, du moins replacée dans le contexte de son époque. Dans le dialogue le Banquet, c'est une femme, la légendaire prê tresse Diotima, qui confire à Socrate son intelligence philoso phique.

Voilà pour ce qui concerne Platon, Sophie. Depuis deux mille ans, les hommes discutent et critiquent ses thèses étonnantes. Le premier homme à le faire fut son propre élève à l'Académie. Son nom était Aristote, le troisième grand philosophe d'Athènes. Je ne t'en dis pas plus !

Pendant que Sophie, assise sur une grosse racine, lisait ces pages sur Platon, le soleil s'était levé à l'est derrière les col lines boisées. Le disque du soleil avait paru à l'horizon juste au moment où elle en était au passage où l'homme sort de la caverne en clignant des yeux à cause de la trop forte lumière du dehors.

Elle eut elle-même l'impression de sortir d'une grotte. Après la lecture de Platon, la nature tout entière lui apparut

sous un autre angle. Comme si auparavant elle avait été dalto nienne. Des ombres, pour ça elle en avait vu, mais il lui sem blait qu'elle n'avait jamais vu les idées dans tout leur éclat.

Cela dit, Platon ne l'avait pas tout à fait convaincue avec son explication de modèles, mais elle trouva que c'était somme toute une jolie idée de penser que tout ce qui était vivant n'était qu'une copie imparfaite de formes éternelles dans le monde des idées. Toutes les fleurs, tous les arbres, les hommes et les animaux n'étaient-ils pas en effet « impar faits » ?

Tout ce qui l'entourait était si beau et si vivant que Sophie dut se frotter les yeux. Mais rien de ce qu'elle voyait n'allait durer. Pourtant, dans cent ans, des fleurs et des animaux iden tiques seraient ici à nouveau et même si chaque fleur et chaque animal était condamné à disparaître et être oublié, il y aurait quelque part quelque chose qui se « souviendrait » d'eux.

Sophie contemplait le monde autour d'elle. Un écureuil grimpa en sautillant le long d'un pin, tourna plusieurs fois autour du tronc, puis disparut prestement dans les branches.

Toi, je t'ai déjà vu ! pensa Sophie. Elle savait bien qu'il ne pouvait s'agir du même écureuil, mais elle avait vu la même « forme ». Autant qu'elle pût juger, Platon avait peut-être rai son en affirmant qu'elle avait dû voir l'« écureuil » éternel avant que son âme ne s'incarne dans un corps.

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