Je lis avec un intérêt palpitant ce que l'on sait des événements et des désaccords qui se passent dans le gouvernement de brigands qui régit notre pauvre pays. Ce serait le moment de faire un grand coup d'Etat et une restauration monarchique que le pays accueillerait avec enthousiasme. Pour moi, et je crois que je suis seule à le dire, il faut affirmer le grand principe de la légitimité. Or le souverain légitime est sans contredit Nicolas. Il ne s'agit pas de ses mérites, il s'agit de son droit qui est irréfutable. Il aurait fallu que ce principe fût reconnu par la nation entière sans jugement ou appréciation de celui qui la représentait, que ce principe fût reconnu par la famille en premier lieu; que le G. D. Nicolas mette au service de ce principe sa popularité et son épée — et que l'Impératrice mère cesse son enfantillage de croire à la fable du Souverain vivant et caché.

Dans l'animosité contre Kyr. il y a beaucoup de sa part de l'ancienne animosité familiale, et certainement que ce serait une douleur de plus pour elle de voir quelqu'un d'autre occuper la place de ses enfants. Elle n'a pas la hauteur d'âme de s'élever au-dessus de ses griefs et antipathies personnelles et voir par dessus tout — le salut de la Russie dans la réunion de toute la nation autour du sceptre d'un seul homme quelque faible qu'il soit. Le mieux serait de faire taire les exigences de tous les partis qui se contredisent et s'entre-déchirent. Je suis toujours très attachée à l'Impératrice étant restée peut-être la dernière de ses relations de ses premières années en Russie. Je l'aime et j'admire son cœur pur et aimant, la dignité de sa vie et la noblesse de ses sentiments, elle est profondément entrée dans mon cœur. Mais mon esprit ne peut pas ne pas voir combien elle a fait fausse route et combien son refus de voir Kyr. a compliqué la situation de dissension dans la famille Impériale, a mis la dissension dans l'émigration… Le G. D. Nicolas vieillit dans l'inaction[42].

Le 1/13 août 1926

Nous avons eu un soir les Galitzine. Ils travaillent tous deux, lui dans un restaurant et elle dans un bureau des commissions. Les Kots étaient là aussi et elle m'a paru gentille et bonne. Ils sont occupés de se faire leurs positions et n'aident en rien Véra. Celle-ci espérait avoir un logement avec eux, mais ceci n'entre pas dans leurs plans. Je voudrais tant que ma chère Véra trouve une occupation, car je ne puis plus la prendre à ma charge. Elle est bien gentille et je suis enchantée de passer ce mois avec elle mais tout est si cher que je ne pourrai pas continuer indéfiniment[43].

Владимир Голицын — Вере Анатольевне Татищевой

17 июня 1927

Prince Vladimir Galitzine

Byron House, 7, St. James's Street London, S.W.I.

Дорогая графиня Вера Анатольевна,

Письма — ваше и Никино — прочел с большим интересом и очень благодарю вас. Я уже некоторое время не писал им, зная, как это опасно. Надеюсь, что Ники еще не начинал хлопотать об разрешении о выезде, момент очень неподходящий, и это только могло бы привлечь внимание властей к нему. Мы с женой так бы хотели выписать их сюда и готовы выслать им денег на переезд, но считаем, что сейчас надо обождать, так как очень уж неспокойно там со всеми этими арестами. Надо дать улечься тревоге. Если будет возможность, то напишите, чтобы они сидели смирно и пока не хлопотали даже о выезде в Финляндию.

Здоровье Ирины меня беспокоит, надо, чтобы она питалась хорошо. Я бы хотел послать немного денег им, тете и сестре Наде, но отсюда боюсь это делать. Если вы думаете, что это можно сделать из Парижа через вас, то, пожалуйста, напишите мне, и я пришлю деньги для перевода.

Кланяйтесь очень от нас обоих, писать им сам пока не собираюсь.

Целую ваши ручки. Преданный вам В. Г.

Николай Татищев Из неопубликованного романа «Сны о жестокости»
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