25. Эрн. Ф. и М. Ф. ТЮТЧЕВЫМ 13 ноября 1863 г. Петербург

Pétersbourg. Mercredi. 13 novembre

Voilà encore deux postes qui ne m’ont rien apporté. Mais au moins je sais par une lettre, que Dmitry a reçu hier de sa sœur, que tu n’es pas malade. C’est donc que tu ne te soucies pas de m’écrire. Eh bien, j’aime encore mieux cela.

Pauvre Dima et moi, nous sommes entièrement démoralisés. Il y a quelque temps vous parliez encore de votre retour comme d’une chose qui devait se faire à une date plus ou moins précise, mais rapprochée. La lettre d’hier ne dit plus rien à ce sujet et a même l’air de révoquer en doute l’ouverture prochaine de la fabrique. — Je commence à craindre que l’excellent Basile* ne nous ait mis dedans. Ce que je vois de plus clair jusqu’à présent, c’est que cette bienheureuse a absorbé non seulement le capital, mais même le revenu courant. — Mais s’il en était ainsi, si, en effet, c’est le manque d’argent qui vous retint à la campagne, eh bien, je ne m’y résignerai pas, j’irai vous y rejoindre. Je me mépriserai trop de rester ici. — Quant à la question de la fabrique, je me persuade, de plus en plus, que nous aurions beaucoup mieux fait au lieu d’une fabrique de sucre d’établir une distillerie.

C’est ce soir, à 9 heures, que l’Impératrice est attendue à Tsarskoïé*. — Anna voulait m’envoyer prévenir par le télégraphe de son arrivée. Il est donc probable que demain j’irai dîner chez elle. Aujourd’hui je devais dîner chez le Pe Gortchakoff. Mais au lieu de cela il se trouve que je dîne avec lui chez la Gr-Duchesse Hélène que je n’ai pas encore revue depuis son retour. Plus ils reviennent de monde, et plus le vide, qu’ils ne comblent pas, me devient sensible. Je suis très désireux d’avoir des nouvelles au sujet de ton frère*. Que s’est-il passé dans la famille depuis leur rentrée à Munich? — Je t’envoie, ci-joint, une lettre de Maltitz*, de fraîche date. Je me persuade que tu la liras avec plaisir, parce qu’elle m’en a fait. C’est comme le ranz des vaches, que ses lettres. Elles me donnent bien ces frissons du passé, dont il me parle, la dernière et la plus âpre des puissances. Maltitz me recommande dans sa lettre, comme tu le verras, de le mettre à tes pieds, ah, je ne demanderais pas mieux que de m’y mettre moi-même — mais comment?

Hier, mardi, soirée chez la Protassoff — qui m’a donné plus de mélancolie encore que d’ennui — c’est tout dire.

Je me résume, en répétant ce que j’ai déjà dit: Voilà une fin d’existence bien malarrangée.

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