Au pays parfumé que le soleil caresse,J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprésEt de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,Une dame créole aux charmes ignorés.Son teint est pâle et chaud; la brune enchanteresseA dans le cou des airs noblement maniérés;Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,Belle digne d'orner les antiques manoirs,Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,Germer mille sonnets dans le cœur des poètes,Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos Noirs.

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<p>LXII</p><p>MŒSTA ET ERRABUNDA</p>Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe,Loin du noir océan de l'immonde cité,Vers un autre océan où la splendeur éclate,Bleu, clair, profond, ainsi que la virginité?Dis-moi, ton cœur parfois s'envole-t-il, Agathe?La mer, la vaste mer, console nos labeurs!Quel démon a doté la mer, rauque chanteuseQu'accompagne l'immense orgue des vents grondeurs,De cette fonction sublime de berceuse?La mer, la vaste mer, console nos labeurs!Emporte-moi, wagon! Enlève-moi, frégate!Loin! Loin! Ici la boue est faite de nos pleurs!— Est-il vrai que parfois le triste cœur d'AgatheDise: Loin des remords, des crimes, des douleurs,Emporte-moi, wagon, enlève-moi, frégate?Comme vous êtes loin, paradis parfumé,Où sous un clair azur tout n'est qu'amour et joie,Où tout ce que l'on aime est digne d'être aimé,Où dans la volupté pure le cœur se noie!Comme vous êtes loin, paradis parfumé!Mais le vert paradis des amours enfantines,Les courses, les chansons, les baisers, les bouquets,Les violons vibrant derrière les collines,Avec les brocs de vin, le soir, dans les bosquets,— Mais le vert paradis des amours enfantines,L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine?Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,Et l'animer encor d'une voix argentine,L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs?

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<p>LXIII</p><p>LE REVENANT</p>Comme les anges à l'œil fauve,Je reviendrai dans ton alcôveEt vers toi glisserai sans bruitAvec les ombres de la nuit;Et je te donnerai, ma brune,Des baisers froids comme la luneEt des caresses de serpentAutour d'une fosse rampant.Quand viendra le matin livide,Tu trouveras ma place vide,Où jusqu'au soir il fera froid.Comme d'autres par la tendresse,Sur ta vie et sur ta jeunesse,Moi, je veux régner par l'effroi.

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<p>LXIV</p><p>SONNET D'AUTOMNE</p>
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