En ce qui concerne la personne de Jésus et le but de son mes sage, je laisse la parole à ton professeur d'histoire des religions. Ce n'est pas une mince affaire. J'espère qu'il réussira à te mon trer quel être exceptionnel Jésus était. D'une manière géniale, il a utilisé la langue de son époque et a donné à d'anciens mots un sens beaucoup plus large et complètement différent Ce n'est pas surprenant qu'il ait fini sur la croix. Son message de paix plutôt radical allait tellement à l'encontre des intérêts et des enjeux de pouvoir de la classe dirigeante qu'il fallait se débar rasser de lui.
Quand nous avons parlé de Socrate, nous avons pu constater à quel point ce peut être dangereux de faire appel à la raison de l'homme. Avec Jésus, nous voyons que réclamer un amour désintéressé du prochain ainsi qu'un pardon désintéressé est tout aussi audacieux. Dans le monde d'aujourd'hui, nous voyons de puissants États être plus qu'embarrassés quand ils sont confrontés à des revendications simples comme la paix,
l'amour, la nourriture pour tous et le pardon aux opposants du régime.
Tu te souviens combien Platon fiit révolté de voir que Socrate dut payer de sa vie le fait d'être l'homme le plus juste d'Athènes. Selon le christianisme, Jésus est le seul homme vrai ment juste qui ait vécu. Pourtant, il fiit condamné à mort II est mort pour les hommes. C'est ce qu'on appelle la « souffrance au nom des hommes » de Jésus. Il était le « serviteur qui souffre », celui qui prit sur lui tous les péchés du monde pour que nous soyons « réconciliés » avec Dieu.
Paul
Peu de temps après que Jésus fut crucifié et enterré, des rumeurs disant qu il était ressuscité commencèrent à circuler. Il manifestait ainsi qu'il n'était pas un homme comme les autres, mais réellement le « fils de Dieu ».
Nous pouvons dire que l'Église chrétienne commence le matin de Pâques avec les rumeurs de sa résurrection. Paul résume en ces termes : « Et si le Christ n'est pas ressuscité, alors notre message ne vaut rien et notre foi n'a pas de sens. »
Désormais tous les hommes pouvaient espérer la « résurrec tion de la chair ». Car c'était pour notre salut que Jésus fut cru cifié. Et maintenant ma chère Sophie, il faut que tu aies bien
E
résent à l'esprit qu'il ne s'agit plus chez les juifs d'« immorta- té de l'âme » ou d'une quelconque forme de « réincarnation ». C'était une pensée grecque, c'est-à-dire indo-européenne. Mais selon le christianisme, il n'est rien en l'homme qui soit immor tel nar lui-même et son « âme » pas plus qu'autre chose. L'Église croit en « la résurrection du corps » et à « la vie éter nelle », mais c'est par le miracle de Dieu que nous sommes sau vés de la mort et de la « damnation ». Notre mérite personnel n'a rien à voir à l'affaire, ni aucune prédisposition de naissance.