Tout cela est à retenir. Mais écoute bien la suite : Jésus se démarqua des autres « messies » en montrant clairement qu'il n'était en aucune façon un agitateur militaire ou politique. Sa mission était d'une autre ampleur. Il annonçait le salut et le pardon de Dieu à tous les hommes. Ainsi pouvait-il aller parmi les hommes et dire à ceux qu'il rencontrait : « Tes péchés te sont pardonnes. »

Accorder la « rémission des péchés » de cette façon, ça, c'était vraiment révolutionnaire. Il y avait encore pire : il s'adressait à Dieu en l'appelant « Père » (abba). Dans les milieux juifs de cette époque, on n'avait jamais vu ça. Ce fiit rapidement une levée de boucliers autour de lui, surtout parmi les scribes. Soyons clair : beaucoup de gens à l'époque de Jésus vivaient dans l'attente d'un Messie qui rétablirait le « royaume de Dieu » par la force de la lance et de l'épée. L'expression même de « royaume de Dieu » est un leitmotiv dans la parole de Jésus, mais avec un sens bien plus large. Jésus déclara que le « royaume de Dieu » est l'amour de son prochain, la compas sion envers les pauvres et les faibles ainsi que le pardon pour ceux qui se sont écartés du droit chemin.

Une vieille expression quasi politique prend ici un tout autre relief. Le peuple attendait un meneur d'hommes qui allait pro clamer le « royaume de Dieu », et voici que Jésus arrive avec sa tunique, ses sandales, et affirme que le « royaume de Dieu », c'est une « nouvelle alliance », un « nouveau pacte » qui dit que « tu dois aimer ton prochain comme toi-même » ! Il alla même encore plus loin, Sophie : nous devons aimer, dit-il, nos ennemis. S'ils nous frappent sur la joue droite, nous ne devons pas répondre, oh non! nous devons tendre l'autre joue. Et nous ne devons pas pardonner sept fois, mais soixante-dix fois sept fois.

La vie de Jésus montre qu'il ne jugeait pas indigne de s'entretenir avec des prostituées, des publicains corrompus et des hommes politiques ennemis du peuple. D alla même encore plus loin : il dit qu un mauvais fils qui a gaspillé tout l'héritage paternel ou encore un publicain véreux qui a accepté des pots- de-vin est juste aux yeux de Dieu, s'il se tourne vers lui et implore son pardon. Dieu dans sa grâce est généreux.

Et il continue en disant que de tels « pécheurs » sont plus justes à ses yeux et méritent donc davantage son pardon que les pharisiens irréprochables qui se pavanent dans leur bonne conscience.

Jésus insista sur le fait qu'aucun homme ne pouvait s'attirer la grâce de Dieu. Nous ne sommes pas en mesure de nous sau ver nous-mêmes. (Ce que croyaient pourtant beaucoup de Grecs!) Quand Jésus expose ses exigences morales dans le Ser mon sur la montagne, ce n'est pas uniquement pour faire connaître la volonté de Dieu. C'est aussi pour montrer qu'aucun homme n'est juste aux yeux de Dieu. La bonté de Dieu est infinie, mais à condition que nous nous adressions à lui par la prière et implorions son pardon.

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