Tiens… je vais te dire un secret: j’ai vu ton genou et ta main dessus. Tu pianotais avec les doigts, au rythme de la musique. C’était Georges Brassens, maintenant tu sais comment je l’adore. Ensuite je t’ai regardée et j’ai tant voulu faire ta connaissance. Tu penses peut-être que pour moi c’est une chose habituelle: faire connaissance avec des femmes dans les cafés. Mais à vrai dire je suis inquiet et à chaque fois je ne sais jamais comment commencer et que dire. Avant notre rencontre, je faisais des connaissances uniquement par mes amis. C’est ridicule bien sûr…peutêtre j’ai oublié comment faire la cour. Depuis que je suis resté seul il s’est passé trop longtemps. Et pour la première fois j’avais vraiment envie que quelqu’un soit à coté. Toi.
Dommage qu’à cet instant ce n’est pas toi que je vois. Je vois les heures qui passent et j’attends ton appel. Soudain m’arrive une folle pensée que tu m’appelleras et diras: «Bonjour Guy». Je l’ai tellement imaginé que j’étais déjà à coté du téléphone. Et j’étais en colère après moi. Nous nous sommes même entendus de se téléphoner plus tard, de se rencontrer, de dîner ensemble, de faire des plans pour le week-end.
Et quand même pourquoi je m’énerve? Tu appelleras, tout ira bien. Je vais préparer du café.
10h30. Je poursuis tout simplement pour être plus vite avec toi. En fi n de compte, penser à toi est aussi agréable. Même, peut-être (quelle terrible pensée!), parfois, c’est plus tranquille que d’être à coté. Parce que dans ce cas je peux penser, imaginer, inventer, raconter et ne pas craindre que tu te lèves et que tu partes. Dans mes pensées je ne te lâche pour rien au monde.
Ce jour-là dans ce café, j’avais soudain envie de mettre ma main sur la tienne et de la caresser. Je ne voulais pas plus, j’avais tout simplement pitié de toi. Jusqu’à la douleur. Et c’est toi! Si indépendante, si sûre! Mais tes yeux étaient tristes, et tu étais si maigre.
…Et pourquoi je regarde le téléphone? Regarder ou ne pas regarder, tu n’appelleras pas avant midi.