Il venait faire une surprise à une amie de longue date qui travaillait ici, elle la connaissait peut-être, elle s'appelait Lauren Kline. L'infirmière resta un instant perplexe.

- Il y a longtemps que vous ne l'avez pas vue ?

- Au moins six mois !

Il s'improvisa photographe reporter, tout juste arrivé d'Afrique, et qui voulait saluer une de ses cousines par alliance. « Nous sommes très proches.

Elle ne travaille plus ici ? » L'infirmière éluda la question et l'invita à se rendre à l'accueil où on le renseignerait ; il ne la trouverait pas ici, elle en était désolée. Arthur feignit l'inquiétude, et demanda s'il y avait un problème. Manifestant une gêne certaine, elle insista pour qu'il se rende à la réception de l'hôpital.

- Je dois ressortir du bâtiment ?

- En principe oui, mais vous allez devoir faire un grand tour...

Elle lui donna les indications pour qu'il se rende à l'accueil en passant par l'intérieur de l'établissement. Il la salua et la remercia en conservant l'air inquiet qu'il avait su emprunter. Libéré de la pré-

sence de l'infirmière, il se faufila de couloir en couloir jusqu'à trouver ce qu'il cherchait. Dans une pièce à la porte entrouverte, il aperçut deux blouses blanches, accrochées à des portemanteaux. Il entra, s'en empara, les roula en boule et les cacha sous son manteau. Dans la poche de l'une d'elles il sentit un stéthoscope. Il retourna promptement dans le couloir, suivit les indications données par l'infirmière, et ressortit de l'hôpital par l'entrée principale. Il contourna le bâtiment, rejoignit sa voiture dans le parking des urgences et rentra chez lui. Lauren, assise devant l'ordinateur, n'attendit pas qu'il entre dans la pièce pour s'exclamer : « Tu es fou à lier ! » Il ne répondit pas, s'approcha du bureau et y jeta les deux blouses.

- Tu es vraiment dingue, l'ambulance est dans le garage ?

- Paul vient me prendre avec elle, demain à dix heures trente.

- Où les as-tu prises ?

- À ton hôpital !

- Mais comment fais-tu tout cela ? Quelqu'un peut-il t'arrêter quand tu as décidé de faire quelque chose ? Montre-moi les étiquettes sur les blouses.

Arthur les déplia, enfila la plus grande, et se retourna, imitant un mannequin qui défile sur un podium.

- Alors comment me trouves-tu ?

- Tu as piqué la blouse de Bronswick !

- Qui est-ce ?

- Un éminent cardiologue, l'ambiance va être tendue à l'hosto, je vois déjà la ribambelle de notes de service qui vont être placardées. Le directeur de la sécurité va se faire souffler dans les bronches.

C'est le toubib le plus acariâtre et imbu de lui-même de tout le Mémorial.

- Quelle est la probabilité que quelqu'un m'identifie ?

Elle le rassura, le risque était très faible, il faudrait un coup de malchance, il y avait deux changements d'équipes, celle du week-end et celle de la nuit. Il ne courait aucun risque de croiser un membre de son équipe. Le dimanche soir c'était un autre hôpital, avec d'autres gens, et une atmosphère différente.

- Et regarde, j'ai même un stéthoscope.

- Passe-le autour de ton cou !

Il s'exécuta.

- Tu es terriblement sexy en docteur, tu sais ?

dit-elle d'une voix très tendre et très féminine.

Arthur rougit quelque peu. Elle prit sa main et caressa ses doigts. Elle leva les yeux vers lui et dit d'un ton tout aussi tendre :

- Merci de tout ce que tu fais pour moi, personne n'a jamais pris soin de moi comme ça.

- Et voilà pourquoi Zorro est arrivé !

Elle se leva, son visage se rapprocha de celui d'Arthur. Ils se regardèrent dans les yeux. Il la prit dans ses bras, passa sa main sur sa nuque, la courba jusqu'à ce que sa tête repose sur son épaule.

- Nous avons beaucoup de choses à faire, lui dit-il. Il faut que je me mette au travail.

Il s'écarta pour s'installer à son bureau. Elle posa sur lui un regard plein d'attention et se retira silencieusement dans la chambre laissant la porte ouverte. Il travailla très tard dans la nuit, ne s'arrê-

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