«Paris, salut, Cheri! Bonjour, la Ville de la majuscule… c’est tout dire. Je sais que tout est déjà dit de toi, tout est chanté, tout est écrit. On parlait de toi et on écrivait à toutes les époques en envoyant aux amis, aux connaissances et aux envieux des cartes postales avec ton image, mais est-ce qu’on t’écrit personnellement? Est-ce que tu a déjà reçu une lettre? Je ne comprends pas, comment on peut parler de toi comme d’une ville. Est-ce que les villes savent éprouver les émotions comme toi et moi? Est-ce que les villes sont capables de comprendre la personne comme Tu m’avais compris? J’ai vu beaucoup de merveilleux coins du monde mais c’était en effet «de simples villes». Et Toi, Tu est vivant, veritable, fou, sensuel, charmant. Tu fais rever ceux qui ne savent pas ce que c’est le Rêve. Tu provoques les larmes aux gens qui ne peuvent pleurer qu’en ayant perdu leur fortune. Toi, tu pénètres dans l’âme et à l’inconscience. Tu t’approches à pas de loup sans qu’on s’en aperçoive, doucement, plein de tact, avec la pointe de charme qui t’est propre et ensuite tu frappes dessus… assène un coup ponctuel, précis, en plein dans le mille qui s’appelle le Coeur.

Ton ciel insolent me regardait bien en face en me comprenant sans parler et en me lisant comme le livre ouvert… il lisait dans mes pensées toutes mes idées, stimulait mes désirs, me faisait penser à celui que j’essayais oublier de vive force. Toi, tu a appris tous mes secrets et comme un ami le plus dévoué tu les a enterré aux coins obscurs de Montmartre. Comme c’était étrange d’observer des gens qui se trouvaient à côté de moi non loin de Sacré Coeur et Te regardaient du haut en bas. Tantôt ils me regardaient, tantôt ils te regardaient mais ils ne comprenaient pas que nous étions ensemble… ils n’entendaient pas notre conversation, ils ne soupçonnaient pas que de choses nous avions dit l’un à l’autre là-bas, à Montmartre. Ils te regardaient d’un air hautain mais toi, de toute façon tu planais au-dessus d’eux, tu les observais avec une parcelle d’ironie et d’ennui, d’ailleurs comme moi.

Nous nous ressemblons, nous sommes si libres, nous n’avons pas besoin de ces visages, de ces paroles bêtes, des aspirations stupides, des actions absurdes, des regards qui dans leur majorité expriment une platitude, une vanité et une futilité d’âme. Nous avons un mystère commun qui fit de nous réellement un couple. Je T’aime et Tu m’aimes. Tout est simple et en peu féerique. Je te dirai en toute franchise: je suis charmée par ta liberté. Tes astres ne meurent jamais. Ton soleil ne frappe jamais avant d’entrer dans la chambre de quelqu’un ou même dans la vie. Tes maisons et des chateaux n’ont besoin personne pour continuer à exister et pourtant ils ne seront pas vides, ils ne perdront pas leur charme mais au contraire ils conserveront davantage encore leur ambiance et originalité. Même Ta lune, elle est aussi française.

Paris, cheri, je partirai – tu n’écriras pas, tu ne téléphoneras pas, je resterai simplement dans ta memoire et tu m’attendras… patiemment, sans gêne, sans frémissement au coeur mais avec la curiosité. Tu m’attendras simplement parce que ce sera tres intéressant pour toi de savoir quel secret je préparerai pour notre rencontre suivante. Toi et moi – nous sommes les amants presque idéaux. On peut t’aimer à la folie, fondre en toi, se fier à toi, succomber à ta tentation une fois pour toutes et finalement on peut s’enfuir chez toi, mais en même temps savoir et comprendre qu’après la séparation suivante tu ne dérangera pas, n’importunera pas par tes conversations absurdes et les phrases banales affectées…»[27]

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