Pendant six années, Athalie régna seule (2 Rois 11:3), et elle ignora tout à fait ce complot permanent de son gendre. En la septième année, Joïada réunit des capitaines fidèles à Jéhovah, leur montra le jeune fils d’Ochosias, le proclama roi, et Athalie, qui était accourue pour voir ce qui se passait, fut égorgée «dans la rue qui conduisait aux écuries du palais de David» (v. 16). Par la même occasion, on massacra Mathan, le grand-prêtre de Baal, c’est-à-dire le concurrent de Joïada (v. 18).

Le chapitre 12 du second livre des Rois est consacré au règne de Joas, qui n’est pas des plus brillants. Tout ce qu’on y trouve d’intéressant, c’est la glorieuse invention de la tirelire par le grand-prêtre Joïada. Le temple ayant besoin de réparations, Joas avait dit que les prêtres s’en chargeraient, et que, pour cela, ils recevraient diverses sommes, soit de l’impôt du recensement, soit de la générosité des fidèles. A la vingt-troisième année du règne de Joas, aucune réparation n’avait encore été faite; mais les prêtres n’en avaient pas moins encaissé tout le temps (v. 6). Le roi, se décidant à mettre ordre à cet état de choses, décréta que les prêtres ne recevraient plus directement l’argent, et, par conséquent, qu’ils n’auraient pas la charge des réparations.

«Alors, le grand-prêtre Joïada prit un coffre bien fermé, fit une fente à son couvercle, et le plaça près de l’autel à main droite, à l’endroit par où l’on entrait dans la maison de l’Éternel; et tout l’argent qui était apporté au temple était mis dans ce coffre. Dès qu’on voyait que le coffre était plein, le secrétaire du roi et le grand-prêtre l’ouvraient ensemble, comptaient l’argent et le mettaient dans des sacs; ensuite, ils délivraient cet argent bien compté entre les mains de ceux qui avaient la charge de faire faire les réparations par les maçons et les charpentiers.» (v. 9-10)

On le voit, sans l’invention de la tirelire, le temple n’aurait jamais été réparé.

Du livre des Rois, il résulte que Joas fut un pieux monarque; mais, d’après le livre des Chroniques, il finit par mal tourner (livre 2, ch. 24): il restaura le culte des idoles des bocages et autres faux dieux, au grand scandale de Zacharie qui, à la mort de Joïada son père, était devenu grand-prêtre de Jéhovah. Joas, irrité des reproches de Zacharie, le fit assommer à coups de pierres, dans le parvis même du temple (12:21). A son tour, Joas fut égorgé par deux de ses domestiques, les sieurs Zabad et Jéhozabad (v. 26). Ce roi avait régné quarante ans. Son fils Amasias lui succéda.

En reprenant le livre des Rois, nous savons qu’en Israël le terrible Jéhu eut pour successeur son fils Joachaz, lequel se moqua de Jéhovah comme d’une guigne, pendant les dix-sept années de son règne; aussi, durant dix-sept ans, son royaume fut dévasté par les rois de Syrie, Hazaël, d’abord, et Bénadab, fils d’Hazaël, ensuite. Si les Israélites furent mis en capilotade, ce n’est rien de le dire! Qu’on en juge par ce verset:

«De tout le peuple de Joachaz il ne resta que cinquante cavaliers et dix mille fantassins, tant le roi de Syrie les détruisit et les rendit menus comme la poudre qu’on foule dans l’aire.» (2 Rois 13:7)

A Joachaz, succéda son fils Joas, qu’il ne faut pas confondre avec le Joas, roi de Juda. Le Joas d’Israël, petit-fils de Jéhu, fit la guerre à Amasias, fils du Joas de Juda, le battit à plates coutures à Bethsémès, fit aux remparts de Jérusalem une brèche de quatre cents coudées, et pilla tous les trésors du temple et de la maison royale.

C’est sous le règne du Joas d’Israël que le prophète Elisée mourut.

«Or, Elisée avait été malade; et Joas, roi d’Israël, étant venu le voir, ne put retenir ses larmes, qui coulèrent de ses yeux sur le visage du prophète. Et Joas s’écria: Mon père! mon père! chariot d’Israël et sa cavalerie!» (13:14)

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