Voilà la deuxième fois que nous trouvons dans la Bible cette bizarre exclamation; aucune explication n’en est donnée par l’auteur sacré; mais peu importe. Continuons.

«Élisée dit au roi Joas: Prends un arc et des flèches… Puis, il lui dit: Ouvre la fenêtre à l’orient; tire une flèche par la fenêtre. Et Joas tira. Alors Elisée s’écria: C’est la flèche de la délivrance de l’Éternel, et la flèche de la délivrance contre les Syriens. Tu frapperas donc les Syriens à Aphek, jusqu’à les consumer. Il lui dit encore: Prends de nouveau des flèches, et maintenant, au lieu de tirer en l’air, tire contre terre. Et Joas tira ainsi trois flèches; puis, il s’arrêta. Alors, Élisée se mit en colère, et lui dit: Roi imbécile, il fallait tirer au moins cinq ou six flèches; ainsi tu aurais frappé les Syriens jusqu’à les détruire; mais maintenant tu ne les battras que trois fois. Après avoir dit cela, Élisée mourut, et on l’ensevelit.» (v. 15-20)

On cherchera vainement à comprendre, croyons-nous, pourquoi le roi d’Israël, — dont les sujets mâles avaient été réduits à dix mille cinquante, sous le règne précédent, — aurait exterminé les Syriens, s’il avait tiré six flèches contre terre, au lieu de trois. Élisée savait donc non seulement ce qui devait arriver, mais encore ce qui ne devait pas arriver. C’est beau!

«L’année suivante, un fait merveilleux se produisit: des gens transportaient un homme mort pour l’ensevelir. Or, voici que ces gens s’effrayèrent en voyant venir une bande de voleurs, et ils jetèrent à la hâte leur cadavre dans un sépulcre qui était là, et ils s’enfuirent; c’était le tombeau d’Elisée. Alors, le cadavre, ayant roulé sur les ossements du prophète, tressaillit en les touchant, revint à la vie, et, s’étant levé sur ses pieds, se mit à courir.» (v. 21)

Evidemment, les voleurs eurent le trac, et se mirent à courir aussi. — Les critiques, jamais contents, font encore des objections. Ils demandent pourquoi Jéhovah ne ressuscita pas Élisée lui-même, au lieu de ressusciter un pékin quelconque, un personnage parfaitement inconnu et nullement intéressant, jeté par hasard dans la fosse du prophète. Ils demandent comment cette fosse se trouvait là ouverte, si à propos, au bout d’un an. Ils demandent ce que devint ce ressuscité et s’étonnent de ce que, dans sa seconde vie, après un événement aussi extraordinaire, il n’ait pas jugé utile de se faire connaître. Enfin, puisqu’une telle vertu secrète était attachée aux ossements d’Élisée, ils demandent comment on n’a plus songé à la mettre à profit; dire que, grâce à ce squelette, si l’opération s’était généralisée, nous serions tous immortels!

De la mort d’Élisée à la fin des royaumes d’Israël et de Juda, nous avons un tel méli-mélo politique qu’il est difficile de s’y reconnaître si l’on n’a pas la précaution de placer, avant tout, sous les yeux du lecteur un tableau de la succession des rois.

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