«Revenu à Ninive, un jour qu’il avait employé son temps à ensevelir des morts, il s’endormit au pied d’un mur;» un homme assez riche pour prêter cinquante mille francs dans Ragès aurait bien dû avoir au moins une chambre à coucher dans Ninive.

«Mais Tobie ne s’aperçut point qu’il y avait des passereaux perchés sur la muraille, lesquels fientèrent tout chaudement dans ses yeux, et il en devint aveugle.» (2:9-10)

Les critiques naturalistes disent que la merde de moineau ne peut rendre personne aveugle, et qu’on en est quitte pour se laver sur-le-champ.

«En ce même jour Sara, fille de Raguël, qui habitait Ecbatane, ville de Médie, fut outragée par les servantes de son père. Sara avait été donnée en mariage à sept maris; mais un esprit malin (ici les traducteurs catholiques mettent: un diable), nommé Asmodée, les avait tués chaque fois, au moment où ils allaient coïter avec elle. Les servantes lui disaient donc: Tu as étouffé tes sept maris, l’un après l’autre, et tu n’as porté le nom d’aucun. Et maintenant tu nous bats. Va-t’en rejoindre tes maris!… Ayant entendu cela, Sara fut fort contristée, jusqu’à vouloir s’étrangler. Mais elle pria Jéhovah, en lui criant par la fenêtre: Seigneur, retire-moi de la terre, afin que je n’entende plus de tels reproches! Tu sais que je suis pure et que je n’ai point souillé mon nom ni le nom de mon père, au pays où je suis captive. Je suis fille unique, et il n’y a aucun de nos proches parents à qui je me réserve pour emme; déjà il m’en est mort sept; qu’ai-je plus à faire de vivre? Mais, si tu ne juges pas bon de me faire mourir, aie pitié de moi et ordonne que je n’aie plus d’opprobre.» (3:7-15)

Jamais les Juifs, jusqu’alors, remarquent les critiques, n’avaient entendu parler d’aucun diable ni d’aucune sorte de démons; les bons et les mauvais génies avaient été imaginés en Perse, dans la religion de Zoroastre, qui enseigne l’existence de deux dieux égaux en puissance, l’un, Ormuzd, principe du bien; l’autre, Ahrimane, principe du mal, chacun ayant sous ses ordres une armée d’esprits, les uns bienfaisants, les autres malfaisants. De la Perse, ces génies passèrent en Chaldée et s’établirent enfin en Grèce, où Platon donna libéralement à chaque homme son bon et son mauvais démon. Schamaddaï, que l’on traduit par Asmodée, était un des principaux diables. Le bénédictin dom Calmet, dans son commentaire sur Asmodée, dit «qu’on sait qu’il y a plusieurs catégories de diables, les uns princes et maîtres démons, les autres subalternes et assujettis». Tout concourt donc à prouver, dans les divers livres qui composent la Bible, que les Juifs ne furent jamais qu’imitateurs, qu’ils prirent tous leurs rites, les uns après les autres, chez leurs voisins et chez leurs maîtres, et non seulement leurs rites, mais tous leurs contes. C’est ainsi qu’au retour de leur captivité chez les Mèdes et les Assyriens, ils rapportèrent les croyances perses et chaldéennes et les ajoutèrent à leurs dogmes.

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