«Nous avouons que le texte biblique confond ici plus qu’ailleurs l’esprit humain. Si ces deux anges, ou ces deux dieux, étaient incorporels, ils avaient donc pris un corps d’une grande beauté, pour inspirer des désirs abominables à tout un peuple. Quoi! les vieillards et les enfants, tous les habitants mâles, sans exception, viennent en foule pour commettre le péché infâme avec ces deux anges! Il n’est pas dans la nature humaine de commettre tous ensemble publiquement une telle abomination, pour laquelle on cherche toujours la retraite et le silence. Les Sodomites demandent ces deux anges, comme on demande du pain en tumulte dans un temps de famine. Il n’y a rien, dans la mythologie païenne, qui approche de cette horreur inconcevable. Les théologiens qui ont dit que les trois célestes voyageurs, dont deux s’en vinrent à Sodome, étaient Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, rendent encore le crime des Sodomites plus exécrable, et cette histoire plus incompréhensible.
La proposition de Loth aux Sodomites de coucher tous avec ses deux filles pucelles, au lieu de coucher avec ces deux anges, ou ces deux dieux, n’est pas moins révoltante. Tout cela renferme la plus détestable impureté dont il soit fait mention dans aucun livre.
Les interprètes trouvent quelques rapports entre cette aventure et celle de Philémon et Baucis; mais celle-ci n’a rien d’indécent, et elle est beaucoup plus instructive. C’est un bourg que Jupiter et. Mercure punissent d’avoir été inhospitalier; c’est un avertissement d’être charitable; il n’y a nulle impureté. Quelques-uns disent que l’auteur sacré a voulu renchérir sur l’histoire de Philémon et Baucis, pour inspirer plus d’horreur d’un crime fort commun dans les pays chauds. Cependant, les Arabes voleurs, qui sont encore dans ce désert sauvage de Sodome, stipulent toujours que les caravanes qui passent par ce désert leur donneront des filles nubiles, et ne demandent jamais de garçons.
Cette histoire de ces deux anges n’est point traitée ici en allégorie, en apologue; tout est au pied de la lettre; et on ne voit pas d’ailleurs quelle allégorie on en pourrait tirer pour l’explication du Nouveau Testament, dont l’Ancien est une figure, selon les Pères de l’Église.»
Continuons à citer le texte sacré, le livre divin, l’écriture inspirée, que nous avons le devoir de croire véridique, sous peine de péché mortel. Nous allons en voir bien d’autres!