«Alors, Rachel, voyant qu’elle ne donnait pas d’enfant à Jacob, lui dit: Fais-moi des enfants, ou sinon, je mourrai. — Et Jacob entra dans une grande colère contre Rachel et s’écria: Me prends-tu donc pour un dieu? Je fais tout ce qui est nécessaire, mais est-ce moi qui t’ôte le fruit de ton ventre? — Rachel répondit: S’il en est ainsi, voici Béla ma servante; entre en elle; et quand elle sera pour accoucher, elle enfantera sur mes genoux; ainsi j’aurai des enfants par elle. — Et Jacob coucha avec Béla. — Béla conçut, et ce fut un fils qu’elle enfanta à Jacob. — Rachel dit: Dieu m’a donc exaucée; et elle donna à ce fils le nom de Dan. — Béla conçut encore et enfanta un second fils. — Et alors Rachel dit: En tout ceci, j’ai fortement lutté contre ma sœur, et voici que j’ai la victoire. C’est pourquoi elle donna à cet enfant le nom de Nephtali. — Mais Lia, voyant qu’elle avait cessé d’avoir des enfants, prit sa servante Zelpha et la mit dans le lit de Jacob. — Et Zelpha, à son tour, enfanta un fils à Jacob. — Alors Lia dit: Cet enfant qui arrive est comme une troupe de renfort. C’est pourquoi elle l’appela Gad. — Puis, Zelpha enfanta un autre fils à Jacob. — Et Lia dit: Ceci est encore plus heureux: maintenant, toutes les filles me diront bienheureuse. Et elle appela l’enfant Azer.» (30:1-13)
De quel commentaire accompagner ce texte édifiant?… N’insistons pas.
La suite est plus édifiante encore. Pour comprendre ce qu’on va lire, il est bon de savoir que, d’après une croyance antique, répandue encore dans quelques campagnes, les racines de mandragores seraient très efficaces contre l’impuissance. Ces racines ayant une forme bizarre se prêtant facilement à des transformations obscènes, les charlatans, à toute époque, en faisaient des priapes qu’ils recommandaient de porter sur soi; ou encore on les faisait macérer, et la liqueur qu’on en retirait ainsi passait pour un merveilleux philtre d’amour. L’Esprit-Saint s’est donc amusé à dicter à l’écrivain de la Genèse un épisode mettant en valeur cette bizarre plante aux prétendues vertus aphrodisiaques. C’est Ruben qui en va cueillir pour sa mère; n’est-ce pas charmant?…