Négligeons de contester l’existence d’une ville nommée Luza ou Béthel dans la région dont il s’agit; les géographes n’ont jamais entendu parler de Béthel, pas plus que de Luza. Ce qu’il faut admirer, c’est l’esprit pratique de l’étonnant Jacob. Il a roulé Esaü son frère aîné, Isaac son père et Jéhovah lui-même, par contre-coup; aussi, entend-il bien ne pas se laisser flouer par papa Bon Dieu, et il pose ses conditions au Seigneur Très-Haut. Le dieu de ses ancêtres vient de lui donner un spectacle abracadabrant; il lui a montré ses anges se livrant sur une échelle à des exercices de gymnastique très variés; il lui a promis monts et merveilles dans un beau discours. Le premier sentiment de Jacob est la crainte mêlée de respect; mais il a bientôt fait de se rassurer et de réfléchir que tout cela n’était qu’un songe. Aussi dit-il au dieu de ses ancêtres:
Après cet incident de voyage, Jacob se remit en route. Dans un champ, un puits où s’abreuvaient des troupeaux lui fournit l’occasion de faire connaissance avec une pastourelle; justement, c’était sa cousine Rachel. Comme on le voit, la Genèse se répète: Eliézer, par un hasard providentiel, avait rencontré, lui aussi, auprès d’un puits, Rébecca qu’il ne connaissait pas et qu’il venait chercher.
Rachel, qui était la fille cadette de Laban, conduisit donc chez son père l’aimable cousin Jacob; présentation à la famille. Lia, la fille aînée, avait
Or, Laban était un homme pratique. Il dit à Jacob:
— Mon petit, tu veux épouser Rachel; je ne m’y oppose pas, mais il faut la gagner.
— Comment cela mon oncle? — En me servant de domestique pendant sept ans, afin que j’aie le loisir de voir si tu es un garçon travailleur et rangé.
Ce fut marché conclu. Pendant sept ans, pour éprouver Jacob, l’oncle lui fit faire la besogne la plus dure de la maison.
L’épreuve terminée, le jour des noces arriva. La mariée était recouverte d’un grand voile, selon l’usage; Jacob frétillait comme un poisson dans l’eau. Laban, grave et solennel, remplit lui-même, en cette affaire, les fonctions de maire et grand-prêtre. Il déclara le mariage accompli, à la grande satisfaction de Jacob.
Cette cérémonie fut très solennelle. Ici, il est bon de citer le texte dicté par l’Esprit-Saint: