— Mais dès qu'une position est nettement définie, elle attire son contraire. Ce que Hegel appelle une
— Je commence à y voir plus clair...
— Les Éléates avaient raison en affirmant que rien fonda mentalement ne se transforme, mais ils avaient tort en disant que l'on ne pouvait se fier à ses sens. Héraclite, lui, avait raison de croire qu'on pouvait se fier à ses sens, mais tort quand il disait que tout s'écoule.
— Car il n'y avait pas qu'une seule substance élémentaire.
La composition changeait constamment et non les éléments eux-mêmes.
— Très juste. Le point de vue d'Empédocle qui a départagé les deux points de vue opposés, c'est ce que Hegel a appelé la
— Oh ! la la ! quel terme !
— Il a qualifié les trois stades de la connaissance de
— C'est bien théorique, tout ça.
— Effectivement, c'est très théorique, mais Hegel ne veut pas appliquer un quelconque « schéma » à l'histoire. Il s'était borné à mettre à nu certaines lois qui régissent le développe ment de la raison — ou de l'Esprit du monde — à travers 1 his toire. Du reste, la dialectique de Hegel ne s'applique pas seule ment à l'histoire. Quand nous discutons ou voulons expliquer quelque chose, nous pensons de manière dialectique. Nous essayons de déceler les défauts de l'argumentation : c'est ce que Hegel nomme « penser négativement ». Mais quand nous criti quons un mode de pensée, nous voulons conserver aussi ce qu'il a de bon.
— Par exemple ?
— Quand un socialiste et un homme de droite s'assoient autour de la même table pour résoudre un problème de société, il y aura forcément une tension entre deux façons de voir les choses, ce qui ne veut surtout pas dire que l'un a entièrement raison et l'autre entièrement tort. Au contraire, tout porte à croire que tous deux ont un peu tort et un peu raison. Au cours de la discussion, on ne retiendra finalement que les éléments positifs de chaque point de vue.
— Je l'espère.