Puis un jour la mère en a assez que sa fille soit obéissante à ce point et s écrie, excédée : « Arrête de toujours dire oui ! » Et la fille de répondre : « Non, Maman ! »

Moi, je lui aurais fichu une bonne paire de claques.

Ah bon? Et qu'aurais-tu fait si à la place elle avait répondu : « Oui, Maman » ?

C'aurait été une drôle de réponse. Peut-être que je lui aurais fichu une paire de claques aussi.

En d'autres termes, la situation est bloquée. La contradic tion est tellement poussée à l'extrême que seul un événement extérieur peut dénouer cette situation.

Tu veux parler de la gifle ?

Oui, mais il faut mentionner un dernier point à propos de la philosophie de Hegel.

Je t'écoute, tu sais.

Tu te souviens que nous avons dit que les romantiques étaient des individualistes.

« Le chemin mystérieux va vers l'intérieur... »

Eh bien cet individualisme rencontra sa « négation » ou sa contradiction dans la philosophie de Hegel. Ce dernier souligna l'importance des « forces objectives », c'est-à-dire selon lui la famille et l'État. Bien sûr Hegel ne perdait pas de vue l'indi vidu pris isolément, mais il l'incluait en tant que partie orga nique dans une communauté. La raison ou l'Esprit du monde ne se révèlent que dans les rapports des hommes entre eux.

Explique-toi !

La raison se révèle avant tout dans la langue. Et nous naissons au monde avec une langue. La langue française peut très bien vivre sans monsieur Dupond, mais monsieur Dupond ne peut pas vivre sans la langue française. Ce n'est pas 1 indi vidu qui crée la langue, mais bien la langue qui crée 1 individu.

Vu sous cet angle...

De même que 1 individu naît au monde dans une certaine langue, il naît aussi dans un certain contexte historique. Et per sonne ne peut avoir une relation « libre » vis-à-vis de ce contexte. Celui qui ne trouve pas sa place dans l'État est une personne antihistorique. Cette pensée était, tu t'en souviens, importante pour les grands philosophes d'Athènes. Pas plus qu on ne peut concevoir un État sans citoyens, on ne peut concevoir de citoyens sans État.

Je comprends.

L'État, selon Hegel, est « plus » qu'un simple citoyen, voire plus que l'ensemble des citoyens. Il est impossible, selon lui, de s'abstraire de la société. Celui qui se contente de hausser les épaules quand on lui parle de la société dans laquelle il vit et qui préfère vivre « pour lui-même » est un imbécile.

Je ne sais pas si je suis entièrement d'accord, mais bon.

Ce n'est pas l'individu qui selon Hegel « vit pour lui- même », mais l'Esprit du monde.

L'Esprit du monde vit pour lui-même ?

Hegpl dit que l'Esprit du monde retourne à lui-même en trois étapes successives. D entend par que l'Esprit du monde prend conscience de lui-même en trois stades.

Raconte !

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