~ Soit dit en passant, nous pouvons noter que c'est juste ment parce que les hommes au temps de Hegel damaient si fort l'infériorité de la femme que le mouvement de libération des femmes a pu voir le jour.

Comment ça?

Les hommes ont avancé, selon Hegel, une « thèse ». Et s'ils avaient éprouvé le besoin de le faire, c'est que le mouve ment de libération des femmes avait déjà commencé. Quel inté rêt y aurait-il eu à défendre un point sur lequel tout le monde tombait d'accord? Plus leurs propos étaient virulents, plus l'antithèse ou la « négation » était forte.

Je vois.

Tu peux donc affirmer que rien ne vaut d'avoir des oppo sants énergiques pour progresser. Plus les détracteurs seront puissants, plus la réaction qu'ils provoqueront sera violente. C'est ce qu'on appelle « apporter de l'eau au moulin ».

J'ai l'impression que mon moulin tourne vraiment à plein maintenant.

De manière purement logique ou philosophique, il y aura souvent une tension dialectique entre deux concepts.

Un exemple, s'il te plaît !

Si je réfléchis au concept « être », je suis contraint d'intro duire le concept contraire, à savoir « ne pas être ». Il est impos sible de réfléchir à ce qu'on est sans penser dans le même temps

qu'on n'est pas étemel. La tension entre « être » et « ne pas être » sera résolue dans le concept de « devenir ». Car pour que quelque chose devienne, il faut que cette chose à la fois soit et ne soit pas.

Je comprends.

La raison de Hegel est donc une raison dynamique. A l'image de la réalité qui n'est faite que de contrastes, il est logique qu'une description de la réalité soit contradictoire. Tiens, par exemple : on raconte que le célèbre chercheur en physique atomique, Niels Bohr, avait un fer à cheval au-dessus du pas de sa porte.

Cela porte bonheur.

Mais c'est de la pure superstition et Niels Bohr était tout sauf superstitieux. Un ami vint lui rendre visite un jour et rap porta la conversation suivante : « Tu ne crois tout de même pas à ce genre de choses? » dit-il. « Non, répondit Niels Bohr, mais je n'ai pas entendu dire que ça ne marche pas. »

Ça me laisse sans voix.

La réponse était assez dialectique, d'aucuns diraient même contradictoire. Niels Bohr déclara un jour qu'il existait deux types de vérités : les vérités superficielles le concept oppose est faux de manière évidente et les vérités plus pro fondes le contraire peut aussi être juste.

Quel genre de vérités ?

Si je dis par exemple que la vie est brève...

En bien je suis d'accord.

Mais je peux à une autre occasion tendre mes bras vers le ciel et dire que la vie est longue.

Tu as raison. C'est vrai aussi.

Pour finir, tu vas entendre parler d'un exemple la contradiction dialectique peut provoquer une action immédiate entraînant à son tour un changement.

Je t'écoute.

Imagine une fille qui n'arrêterait pas de répondre : « Oui, Maman », « Bien, Maman », « Comme tu veux, Maman », « Je le fais tout de suite, Maman ».

J'en ai des frissons.

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