— Ainsi avec l'aide de son patient, le psychanalyste peut creuser dans la conscience de ce dernier pour faire resurgir les expériences qui ont un jour provoqué des souffrances psy chiques chez cette personne. Car, selon Freud, nous gardons enfouis au plus profond de nous tous les souvenirs du passé.
— Je comprends mieux maintenant.
— Il fait remonter à la conscience du patient une expérience douloureuse que ce dernier a essayé d'oublier pendant toutes ces années, mais qui est finalement restée enfouie dans les pro fondeurs et a miné de l'intérieur les capacités de cet homme. En Élisant resurgir cette « expérience traumatisante » dans le champ de la conscience, en la mettant pour ainsi dire sous le nez de son patient, ce dernier peut enfin « régler son compte » avec elle et guérir.
— Ça paraît logique.
— Mais je brûle les étapes. Examinons tout d'abord la des cription que fait Freud de l'âme humaine. As-tu déjà observé un nouveau-né ?
— J'ai un cousin qui a maintenant quatre ans.
— Quand nous venons au monde, nous manifestons de façon directe et sans la moindre gêne tous nos besoins physiques et psychiques. Si l'on ne nous donne pas du lait, nous crions. Meme chose si notre couche est mouillée. Nous exprimons par ailleurs de manière claire et directe que nous désirons un peu
de tendresse et de chaleur. Ce « principe de pulsion », de « plai sir » en nous, Freud l'appelle le
— Continue !
— Le ça, ou ce principe de plaisir, nous le gardons en nous et traversons toute notre vie d'adulte avec. Mais progressivement nous apprenons à modérer nos désirs et à nous conformer aux règles du monde qui nous entoure. Nous apprenons à laisser s'effacer le
et hurler jusqu'à ce que nous obtenions la satisfaction de nos désirs ou de nos besoins.
— Bien sûr que non.
— Il nous arrive souvent de désirer ardemment quelque chose que le monde extérieur nous refuse. Nous sommes donc obligés de refouler nos désirs. C'est-à-dire que nous essayons de les écarter de nous et de les oublier.
— Je comprends.
— Mais Freud mit en évidence une troisième instance dans l'âme de l'homme. Dès notre enfance, nous sommes confrontés aux exigences morales des adultes et de notre milieu. Si nous nous y prenons mal pour faire quelque chose, les parents s'exclament : « Mais pas comme ça! » ou « Ce que tu peux être bête! ». Ainsi, en grandissant, nous traînons derrière nous toutes ces exigences et ces préjugés moraux. C'est comme si nous avions Uni par intérioriser toutes ces attentes du monde extérieur sur le plan moral et qu'elles étaient devenues une par tie de nous. C'est ce que Freud a appelé le
— Est-ce qu'il voulait parler de la conscience?