Homme libre, toujours tu chériras la mer!La mer est ton miroir; tu contemples ton âmeDans le déroulement infini de sa lame,Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.Tu te plais à plonger au sein de ton image;Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœurSe distrait quelquefois de sa propre rumeurAu bruit de cette plainte indomptable et sauvage.Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!Et cependant voilà des siècles innombrablesQue vous vous combattez sans pitié ni remord,Tellement vous aimez le carnage et la mort,Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!

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<p>XV</p><p>DON JUAN AUX ENFERS</p>Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraineEt quand il eut donné son obole à Charon,Un sombre mendiant, œil fier comme Antisthène,D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,Des femmes se tordaient sous le noir firmament,Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,Derrière lui traînaient un long mugissement.Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,Tandis que Don Luis avec un doigt tremblantMontrait à tous les morts errant sur les rivagesLe fils audacieux qui railla son front blanc.Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,Près de l'époux perfide et qui fut son amant,Semblait lui réclamer un suprême sourireOù brillât la douceur de son premier serment.Tout droit dans son armure, un grand homme de pierreSe tenait à la barre et coupait le flot noir;Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

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<p>XVI</p><p>CHÂTIMENT DE L'ORGUEIL</p>
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