корабля, который плавает вблизи Чукотки и Камчатки.

Г-н Лаперуз берет с собой сына г-на Лессепса, консула в Санкт-

Петербурге, которого король назначил вице-консулом и который благодаря

своему знанию русского языка позволит избежать нашим мореплавателям

тех затруднений, который испытал капитан Кук, не имея переводчика с

этого языка.

АВПРИ, ф. Секретнейшие дела

(перлюстрация), оп.6/2, д.24, лл.150-152.

3. Copie de la lettre, 'ecrite `a Mr. le Comte de S'egur par

son 'epouse

`a Versailles ce 10 (21) d'ecembre 1785

J’ai v^u hier M. Grimm, nous avons beaucoup parl'e de vous, et de la Russie, nous d'esirons

fort, que vous puissi'es ^etre admis aux fetes particuli'eres que l’Imp'eratrice donne a son

Hermitage, ce sera un moyen de vous d'edommager de la tristesse que le Ceremoniel de l’hiver

impose, et d’avoir encore le bonheur de vour l’Imp'eratrice d’une mani`ere plus particuli`ere: que

j’ai de regret de ne pouvoir pas aller vous trouver, je serois vraiment heureuse, de connoitre

l’Imp'eratrice, tout ce que vous m’en avez dit, tout ce que j’en entends dire, en peu de Ligne `a M.

Grimm, me donne un regret particulier `a Elle de ne point aller en Russie. Mon fr`ere se dispose

avec un grand empressement `a aller vous voir, je vous laisse `a juger, si je ne l’envie pas, ne

pouvant pas cependant faire ce voyage, que je d'esire tant, je suis heureuse que ce soit mon fr`ere

qui le fasse, et je r'egarde que ce sera d’un avantage infini pour lui, d’aller vous voir, surement

vous conceveres, et approuver'es son projet ; ne vaut il pas de la peine, qu’il prenne en voyageant

mille connoissances non seulement pr'ecieuses, mais essentielles `a son 'etat, qu’en 'etudiant toutes

les legislations, la politique, le Commerce des differens peuples, il gagne cette connoissance, que

Montesquieu, a si bien prouv'e ^etre n'ec'essaire. Ne sera-t-il pas apr`es les ann'ees d’instruction,

bien plus propre `a exercer les fonctions de Magistrat, de L'egislateur, et en un mot d’homme

d’Etat, et d’homme utile `a son pays, loin de perdre `a ces voyages, il doit gagner beaucoup, et ne

peut r'egretter la fonction peu importante qu’il feroit ici, et qui etoit commune avec un grand

nombre de personnes ; je crois mon cher amour, qu’en envisageant son voyage sous ce point de

vue-l`a, vous l’approuver'es : mand'es moi, ce que vous en pens'es pour moi, malgr'e la peine que

j’aurai de me s'eparer de lui pour longtems, je sens que j’aurai un plaisir extr`eme `a penser qu’il

sera avec vous, quelque tems qu’il vous parlera de moi, de vos enfans, de votre pere, de vos plus

ch`ers int'er^ets ici, je pense anssi avec plaisir que la confiance, que mon fr`ere aura en vous, lui

sera aussi utile, qu’agr'eable, que vous lui procur'es soit en Russie, soit ailleurs, tous les moyens

qui seront en votre puissance, pour lui faciliter l’instruction, et les connoissances, qu’il d'esire

acquerir. Enfin vous aim'es d'ej`a mon fr`ere, et vous l’aimer'es j’'esp`ere encore plus, lorsque vous le

verr'es loin du tourbillon de Paris ; nous n’avons point de nouvelles, que je puisse vous mander,

parceque ce sont des details de propos sans raisons, sans suites sur cette singuli`ere affaire du

Cardinal ; il n’y a rien de nouveau depuis le d'ecr'et de prise de Corps. Le Parlement est occup'e `a

present, `a r'efuser l’emprunt de M. de Calonne ; il fait des courses de Paris, `a Versailles ; il dit

non, le Roi dit oui, et il aura surements raison, je ne pourrios pas vous donner plus de d'etails sur

cette affaire l`a, je n’en entends rien ; on parlat hier d’un lit de justice, je n’en serois pas fach'ee,

parceque je n’en ai jamais v^u. Laure vous 'ecrit une lettre un peu folle, elle est de plus en plus

aimable, et elle gagne beaucoup pour la raison, et la sagesse, j’'esp`ere qu’elle sera aussi bonne,

qu’elle aura d’'esprit, et qu’elle sera aimable, enfin qu’elle vous ressemble tout `a fait : je vous

prie de faire mes complimens `a Mrs. Fitzherbert, et d’Elis ; parl'es aussi de moi au Chevalier de la

Colini`ere, et dites lui que le livre, qu’il desiroit pour l’Imperatrice, lui parviendra bient^ot.

Bonjour, mon amour, mon tout, comment vivre loin de vous, en honneur je ne sais plus

comment m’en tirer, le courage est toujours pr`et `a m’y manquer : j’ai le coeur remplit de tristesse,

l’ame d’amertume, et mon 'esprit de r'egrets soign'es vous du moins, port'es vous bien, song'es que

vous etes tout pour moi, que je n’aime que vous, vous ^etes mon ame, ma vie : o toi que j’adore,

conserve ta sant'e !

La Ctesse de S'egur

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