Une surprise désagréable les attendait. Dans ces parages se trouvaient Amalec et son peuple, qui virent de mauvais œil les descendants de Jacob. Il est bon de dire qu’Amalec était le petit-fils d’Esaü: d’Ada, sa première femme, Esaü avait eu pour fils aîné Eliphas, lequel, concubinant avec une certaine Timnah, eut Amalec, entre autres enfants. (Genèse 36:12) Comment cet Amalec vivait-il encore? Le pigeon a oublié de l’expliquer à l’auteur sacré, et celui-ci n’a pas songé à s’en étonner. Le fait seul de cette existence est fort extraordinaire, pourtant: car, pour que les descendants des douze fils de Jacob aient pu devenir une population fournissant six cent mille combattants, la multiplication n’a pu s’opérer que par une succession de nombreuses générations, et d’ailleurs la Bible enseigne que quatre cent trente ans s’étaient écoulés entre l’arrivée de Jacob et ses fils en Egypte et l’exode de leur postérité. Amalec devait avoir, par conséquent, quatre cents ans environ, lorsqu’il attaqua le campement de Raphidim. L’auteur sacré ne paraît pas se douter de l’extrême vieillesse du chef des Amalécites; il dit tout simplement, sans la moindre surprise:
Au chapitre 18, nous voyons le grand-prêtre madianite Jéthro rendre visite à son gendre Moïse pour le féliciter. Celui-ci raconta à son beau-père toutes les merveilles de la sortie d’Egypte; ce qui amena la conversion de Jéthro.
Ce fut à cette époque que Moïse, à l’imitation des Égyptiens et des autres peuples, établit des prêtres avec de nombreux privilèges. La tribu de Lévi, à laquelle il appartenait, devint la caste sacerdotale, et Aaron, son frère aîné, fut le premier grand-prêtre de Jéhovah. Le culte était dès lors organisé.
Tout ceci se faisait par ordre même de Jéhovah, avec qui Moïse entrait en conversation sur le mont Sinaï. Le gendre de Jéthro se rendait seul au sommet de la montagne, et là papa Bon Dieu lui donna dix commandements qui devaient être la loi religieuse du peuple hébreu. Pendant ce temps, le Sinaï était environné de lueurs aussi célestes qu’effrayantes, et partout retentissait un fracas épouvantable, signes manifestes des grands événements qui s’accomplissaient. Jéhovah dicta aussi des lois civiles (ch. 19-31).
Ces conversations entre Moïse et le dieu des Juifs furent fréquentes et durèrent plusieurs jours.
«Et quand le Seigneur eut achevé tous ses discours sur le mont Sinaï, il remit à Moïse deux tables de pierre, sur lesquelles, de son doigt divin, il avait écrit son témoignage, en écriture gravée.» (31:18)