Or, tandis que le Très-Haut était en conférence solennelle avec Moïse, les Hébreux, oubliant complètement la collection variée de miracles accomplis en leur faveur, adoraient un veau d’or. Le plus curieux de l’histoire, c’est que ce veau d’or leur avait été fabriqué par Aaron lui-même: Aaron avait demandé tous les bijoux d’or des femmes et des filles de la nation; on ne dit pas quels fondeurs apportèrent, dans ce désert, leur concours au grand-prêtre renégat. Cette fonte de la colossale idole, pour laquelle une bonne usine prendrait trois mois, fut exécutée en une nuit. On juge de la juste fureur de Moïse, quand, descendant du Sinaï avec ses divines tables de pierre sous le bras, il aperçut le veau d’or et les Juifs lui offrant des sacrifices, accompagnés de danses et de chants joyeux, sous la direction d’Aaron. Il brisa les tables de marbre et fit détruire l’idole.

Sa façon de supprimer la statue sacrilège mérite les honneurs de la citation textuelle:

«Moïse prit le veau d’or, le mit au feu et le moulut jusqu’à ce qu’il fût en poudre; ensuite il répandit cette poudre dans les eaux et il en fit boire aux enfants d’Israël. (32:20)

On reconnaîtra qu’il n’est pas donné à tout le monde de réduire de l’or en poudre, en le mettant au feu; c’est là une opération dont personne autre que l’étonnant Moïse n’a connu le secret. En outre, la Bible vient de nous apprendre que la poudre d’or peut se boire en dissolution dans de l’eau; ceci n’est pas banal non plus, puisque l’or se dissout avec du soufre; mais alors on s’imagine aisément quel affreux breuvage les Israélites durent avaler. Mais le plus beau de tout, c’est que Moïse donna l’absolution à Aaron, fabricateur de l’idole, et qu’il ordonna aux lévites, qui étaient avec son frère les plus coupables dans cette apostasie générale, de se répandre dans le camp et de massacrer au hasard; vingt-trois mille Juifs furent ainsi égorgés par ceux-là mêmes qui venaient de présider à l’idolâtrie.

Jéhovah, apaisé, fit construire à Moïse un tabernacle, c’est-à-dire une sorte de tente spéciale, dressée hors du camp, pour lui éviter l’ascension du Sinaï, quand ils auraient désormais à tailler ensemble une bavette. Voici comment les choses se passaient (c’est textuel):

Sa façon de supprimer la statue sacrilège mérite les honneurs de la citation textuelle:

«Aussitôt que Moïse était entré dans le tabernacle, la colonne de nuée descendait et s’arrêtait à la porte; c’est alors que l’Eternel parlait avec Moïse, et tout le peuple se levait et chacun se prosternait. Et l’Éternel parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son intime ami.» (33:9-11)

Mais Moïse, n’ayant pas suffisamment apprécié la faveur exceptionnelle que papa Bon Dieu lui accordait en lui exhibant sa face, dont la contemplation est réservée aux anges seuls, s’enhardit un jour et demanda à Jéhovah de se montrer à lui dans toute sa gloire. Comment papa Bon Dieu accueillit-il cette demande? Les manuels d’histoire sainte omettent avec soin ce passage de la Bible. Ici encore, nous userons donc de la citation textuelle:

«Moïse dit à l’Eternel: Je t’en prie, Seigneur, fais-moi voir ta gloire. Et Dieu lui répondit: Je ferai passer toute ma splendeur devant tes yeux; mais maintenant tu ne pourras plus voir ma face, car nul homme désormais ne me verras sans mourir. Mais voici comment tu pourras voir ma gloire: tu te mettras sur le rocher qui est là, et ce rocher a une fente dans laquelle tu plongeras ta tête; alors, ma gloire passera de l’autre côté du rocher. Je couvrirai d’abord tes yeux avec ma main, jusqu’à ce que ma gloire soit dans tout son éclat; ensuite, je retirerai ma main, et tu verras mon derrière; mais ma face, tu ne la verras point.» (Exode 33:18-23)

Перейти на страницу:

Похожие книги