Les tables de la Loi ayant été brisées, papa Bon Dieu voulut bien graver de nouveau son décalogue. Toutefois, sans que l’on sache pourquoi, la seconde édition ne se fit pas dans le tabernacle; il faut donc croire que ce travail ne pouvait s’opérer que sur le Sinaï, où Moïse dut retourner; il y demeura quarante jours et quarante nuits sans boire ni manger.

«Or, lorsque Moïse descendit de la montagne, il ne s’aperçut point que son front avait deux cornes de rayons; mais Aaron et tous les Israélites le virent, et ils craignirent d’approcher de lui.» (34:29-30)

Il en advint de même lorsque Moïse sortait du tabernacle; telle est la raison pour laquelle on le représente toujours, sur les images, avec deux jets de rayons, semblables à des cornes.

L’Exode se termine par six chapitres (35-40), dont il suffira de citer les sommaires: «Loi du sabbat. Des offrandes pour le tabernacle. — Libéralité du peuple dans les offrandes. Le tabernacle. — L’arche. Le propitiatoire. La table des pains de proposition. Le chandelier. L’autel des parfums. L’huile sainte et le parfum. — Diverses pièces du tabernacle. — Description des vêtements sacrés. — Le tabernacle dressé et sanctifié.» Tous les menus détails, réglés par Jéhovah parlant à Moïse, n’offrent plus aujourd’hui aucun intérêt.

Il en est de même du Lévitique, en vingt-sept chapitres, troisième livre de la Bible. En fait d’épisodes, ce livre ne contient que la description de la consécration d’Aaron et de ses fils (ch. 8) et l’histoire lamentable de Nadab et Abihu, qui, ayant allumé leur encensoir avec le premier feu venu, furent brûlés tout vifs par des flammes que Jéhovah fit sortir soudain devant lui dans le sanctuaire (ch. 10). Le Lévitique est, en réalité, une longue et fastidieuse énumération des diverses catégories de sacrifices et des cérémonies dont ils doivent être accompagnés. L’auteur sacré y formule les lois sur le sacerdoce, sur les holocaustes, sur les animaux purs et impurs, sur les souillures de diverses sortes, en particulier sur la lèpre et les lépreux, sur la sainteté des prêtres, sur les fêtes, sur l’offrande des gâteaux et des premiers fruits, sur les lampes du sanctuaire, sur diverses purifications, notamment celle des femmes accouchées, sur le blasphème, la peine de mort, l’année du jubilé, le rachat des vœux, etc. Un passage important ne contient guère que des ordonnances sur les devoirs de la vie civile. C’est un amas incohérent de prescriptions des plus bizarres, dont on ne peut entreprendre la lecture sans bâiller à se décrocher la mâchoire.

C’est là-dedans que le lièvre, déclaré animal impur, est qualifié, ainsi que le lapin, de «ruminant» (11:5-6); l’auteur sacré a pris le mouvement de leurs lèvres pour l’action de ruminer. Il voue à l’abomination «toute bête qui vole et qui a quatre pieds» (v. 23); il est défendu de manger de ces bêtes-là sous aucun prétexte; je crois bien! pour manger des oiseaux à quatre pattes, il faudrait se nourrir de toile et de pierre, attendu que de tels monstres n’existent que dans les tableaux et les sculptures de haute fantaisie. La sauterelle est déclarée impure; ce qui n’empêcha pas saint Jean-Baptiste d’en faire sa nourriture, au temps où il annonçait le Messie.

Dans le Lévitique, les maladies vénériennes sont étudiées au point de vue religieux, et sur ce sujet l’auteur sacré, devenu tout-à-fait dégoûtant, est intarissable. Un certain nombre de ces saintes cochonneries sont, en outre, des plus grotesques, comme celle-ci: «Si un homme ayant un écoulement crache sur une personne saine, celle-ci sera réputée impure jusqu’au coucher du soleil» (15:8); mais le monsieur affligé de l’écoulement en question peut se purifier religieusement. Vous croyez peut-être que la Bible va lui prescrire quelque copahu? Non, vous n’y êtes pas!

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