«Et Balaam frappa sa monture, pour la faire retourner dans le chemin. Mais l’ange s’arrêta dans un sentier de vignes, qui avait une cloison deçà, et une delà. Et l’ânesse, ayant vu encore l’ange, se serra contre la muraille, et, en se serrant, elle froissa le pied de Balaam qui continuait à la battre. Et l’ange passa plus avant encore et s’arrêta dans ce lieu étroit où il n’y avait pas moyen de se détourner, ni à droite, ni à gauche. L’ânesse, voyant toujours l’ange, s’abattit sous Balaam, et celui-ci en colère la frappa plus fort que jamais avec son bâton. Alors, le Seigneur ouvrit la bouche de l’ânesse, qui dit à Balaam: Que t’ai-je fait? pourquoi m’as-tu frappée trois fois? Balaam lui répondit: C’est parce que tu l’as mérité; tu m’as écrasé le pied. Que n’ai-je une épée en main! Je te tuerais maintenant. L’ânesse répliqua: Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as toujours montée jusqu’à aujourd’hui? Dis-moi si j’ai coutume de faire ainsi? — Non, dit Balaam. Alors l’Eternel ouvrit les yeux de Balaam, et il vit, devant lui dans le chemin, l’ange qui tenait son sabre, hors du fourreau; et Balaam se prosterna, la face contre terre. L’ange dit à Balaam: Je suis sorti pour m’opposer à toi; car tu tiens un mauvais chemin; et si ton ânesse ne s’était pas détournée de moi, je t’aurais tué; mais elle, je l’aurais laissée en vie. Balaam répondit à l’ange: S’il ne te plaît pas que je m’en aille là-bas, je m’en retournerai. L’ange lui dit: Non, tu peux poursuivre ta route; va avec ces hommes; mais tu ne prononceras que les paroles que Jéhovah dira par ta bouche. Balaam donc s’en alla avec les seigneurs qui avaient été envoyés par Balak.» (22:23-35)
La conclusion fut que le peuple israëlite fut trois fois béni par la bouche de Balaam, à la grande fureur du roi des Moabites qui s’écria:
«Je t’avais fait appeler pour maudire mes ennemis, et lu les as bénis! Retourne donc dans ton pays. J’avais résolu de te combler d’honneurs et de présents; c’est pourquoi tu peux te dire que c’est le dieu Jéhovah qui t’en a privé.» (24:10-11)
Nous allons voir bientôt comment les Hébreux récompensèrent Balaam de ses bénédictions.
Tout d’abord, le roi Balak rentra sa colère, et le chapitre 25 nous montre les descendants de Jacob bien tranquillement installés parmi les Moabites et les Madianites. Cette armée de six cent mille combattants juifs, qui était prête à massacrer les sujets et les alliés de Balak, ne pense plus aux batailles; sans trêve, sans le moindre préliminaire, la paix est faite; le peuple hébreu se mêle familièrement au peuple madianite et moabite.
«Alors Israël demeurait à Sittim, et le peuple de Dieu commença à coucher avec les filles de Moab. Ces femmes convièrent les Hébreux aux sacrifices de leurs dieux; ils adorèrent les mêmes dieux, Israël embrassa le culte de Belphégor.» (25:1-3)