Quelques jours après, Samson, ignorant qu’il avait été remplacé, et ne gardant plus rancune à sa femme, se rendit chez elle, porteur d’un chevreau qu’il désirait lui offrir. Mais, quand il fut arrivé à la porte de la chambre, il se heurta au beau-père, refusant de le laisser entrer.

«J’ai cru, lui dit celui-ci, que tu avais conçu de l’aversion tout-à-coup pour ma fille; aussi l’ai-je donnée à ton compagnon. Mais, si tu veux ma fille cadette, tu n’as qu’à parler. Voyons, n’est-elle pas plus belle que sa sœur aînée? Je t’en prie, prends-la. — Samson répondit: Eh bien! maintenant, quelque grand que puisse être le mal que je ferai aux Philistins, je me tiendrai pour innocent.» (15:1-3)

Voici quelle fut la première vengeance de l’élu de Dieu: il prit trois cents renards (pas un dé plus, pas un de moins!);

«il les lia l’un à l’autre par la queue, et y attacha des flambeaux au milieu; et, ayant allumé les flambeaux, il lâcha les renards, qui brûlèrent tous les blés des Philistins, tant ceux qui étaient dans l’aire que ceux qui étaient sur pied, et les vignes et les oliviers» (15:4-5)

Les Philistins, navrés de cet incendie et en ayant appris toutes les causes, se rendirent chez le beau-père de Samson et le brûlèrent vif, ainsi que sa fille; ils s’imaginaient que le courroux du fils de Manoah serait apaisé dès lors.

Pas du tout; Samson leur déclara que sa vengeance contre tous les philistins sans distinction venait à peine de commencer; et «il les battit dos et ventre (sic) et leur infligea une grande défaite», la Bible ne dit ni où, ni comment, ni si ce fut en compagnie d’autres Hébreux ou tout seul. Quoi qu’il en soit, la situation s’aggrava: tous les philistins se rassemblèrent et campèrent parmi la tribu de Juda, se préparant à tout massacrer.

Cependant, Samson s’était retiré sur le rocher de Hétam, Trois mille hommes de la tribu de Juda vinrent l’y trouver et l’accablèrent de reproches, en lui faisant ressortir qu’ils n’étaient pas de taille à lutter contre les Philistins, leurs assiégeants.

«Eh bien, leur dit Samson, attachez-moi solidement et livrez-moi à nos ennemis; de cette façon, ils vous laisseront tranquilles.» Il fut fait ainsi. Les Philistins acceptèrent avec joie qu’on leur livrât un gaillard qui leur donnait tant de tintouin…

Mais, à peine Samson avait-il été emmené par ses ennemis triomphants, qu’il rompit ses liens, saisit une mâchoire d’âne qui se trouvait là par terre, et, armé de cette massue improvisée, il assomma les mille Philistins qui lui servaient de gardiens.

Apres un exercice aussi violent, Samson se sentit quelque peu fatigué et surtout très altéré; or, il était dans un champ, et pas un puits à l’horizon.

«Alors, fort pressé par la soif, il cria à l’Eternel: Tu as accordé à ton serviteur cette grande délivrance; et maintenant mourrai-je de soif et tomberai-je entre les mains des incirconcis? Et Dieu, ayant entendu Samson, fendit une des dents molaires de cette mâchoire d’âne, et une fontaine en jaillit; et quand Samson eut bu, la force lui revint et il reprit courage.» (15:18-19)

Cet exploit lui valut les honneurs de la magistrature suprême en Israël: il exerça les hautes fonctions de juge pendant vingt ans (v. 20).

Il est à remarquer que Samson ne posait pas pour le magistrat de mœurs austères: cet élu de Dieu fréquentait les lupanars, au vu et au su de tout le monde. Un jour, il eut une aventure, qui aurait pu fort mal tourner pour lui; mais Jéhovah le protégeait, même au milieu de ses fornications. Voici l’historiette: Samson en pinçait toujours pour les philistines; étant allé à Gaza, ville forte qui appartenait aux ennemis d’Israël,

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