Des théologiens se sont demandé si le diable Asmodée est encore enchaîné et en quel endroit précis; grave question! Des flots d’encre ont coulé pour la résoudre. Les plus roublards sont les moines d’un couvent égyptien, qui montrent aux pèlerins un puits très profond, où, disent-ils, Raphaël a attaché son ennemi, lequel y est encore; moyennant une offrande aux bons religieux, on jette une pierre dans le puits, ou quelques gouttes d’eau bénite, afin d’augmenter le supplice du méchant démon, réduit à l’impuissance.

«L’esprit malin n’étant plus dans la chambre, Tobie se mit à genoux sur le lit (v. 5), et dit: Seigneur, tu es témoin que je ne prends point cette femme pour la paillardise, mais je la prends en droiture; fais-nous donc vieillir ensemble. Et Sara, priant aussi, disait: Amen! Alors, ils se couchèrent et ils passèrent cette première nuit à dormir.» (v. 9-10)

Pendant ce temps, Raguël, convaincu que Tobie ne s’en tirerait pas, creusait une fosse dans le jardin (v. 11). Mais quand, le lendemain matin, il sut que son gendre était sain et sauf, il fut dans une joie indescriptible. Il commanda à ses serviteurs de combler la fosse et décida que les noces dureraient quatorze jours.

«Et il dit à Tobie: Tu prendras la moitié de tout ce que je possède, et tu t’en iras ainsi chez ton père; quant au reste, tu l’auras, lorsque nous serons morts, moi et ma femme.» (v. 22)

Pendant les noces, l’ange Raphaël, qui était revenu de la haute Egypte, fit le voyage de Ragès, sous les traits d’Azarias; l’emprunteur Gabélus avait réussi dans ses affaires, et rendit sans difficulté les dix talents de Tobie père (ch. 9).

Enfin, le fils Tobie, sa femme, l’angélique compagnon et le chien revinrent à Ninive, où le vieil aveugle commençait à désespérer.

«Tobie frotta avec le fiel du poisson les yeux de son père, lui disant: Aie bon courage, mon père. Or, comme ses yeux lui démangèrent, une peau albumineuse comme du blanc d’œuf en tomba; et alors, voyant son fils, Tobie se jeta à son cou et pleura.» (11:10-11)

Il ne restait plus qu’à payer le salaire promis à Azarias; celui-ci refusa les rachmes, se fit connaître pour Raphaël, l’un des sept, anges lesplus importants dans la hiérarchie céleste, et disparut (ch. 12).

Tandis que les Hébreux du royaume d’Israël étaient en captivité à Ninive, Ragès, Ecbatane et autres villes mèdes, — captivité permettant à des prisonniers, comme Raguël, d’avoir domestiques, troupeaux et un grand train de maison, et à d’autres, comme Tobie, de prêter cinquante mille francs à un camarade sans se gêner, — le royaume de Juda continuait à subsister, d’abord sous le pieux gouvernement d’Ezéchias, qui n’entendait pas raillerie sur la question religieuse.

«Il supprima les hauts lieux, mit eu pièces les statues des dieux étrangers, coupa les bocages où l’on rendait un culte aux priapes, et brisa même le serpent d’airain, œuvre de Moïse, parce que les Juifs lui faisaient des encensements.» (2 Rois 18:4)

Aussi, papa Bon Dieu lui donna la victoire sur les Philistins. Néanmoins, Jéhovah ne lui donna, en certaines circonstances, qu’une demi-protection: c’est ainsi qu’en la quatorzième année de son règne, Ezéchias eut son territoire envahi par Sennachérib, fils de Salmanazar, et il n’obtint la cessation de l’occupation qu’en payant à ce roi de Ninive trois cents talents d’argent et trente talents d’or (v. 14).

«Et Ezéchias donna tout l’argent qui se trouva dans la maison de l’Eternel et dans les trésors de la maison royale; il dépouilla même les portes du temple et les linteaux qu’il avait recouverts lui-même de lames d’or, et il donna toutes ces richesses à Sennachérib.» (v. 15-16)

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