«Et, comme Abram était près d’entrer en Égypte, il dit à Saraï, sa femme: Voici, je sais que tu es une belle femme; — et, quand les Égyptiens t’auront vue, ils me tueront et ils te garderont. — Dis donc, je te prie, que tu es ma sœur, afin que je sois bien traité à cause de toi et que mon âme vive à cause de ta grâce. — Il arriva donc, sitôt qu’Abram fut venu en Egypte, que les Égyptiens virent que cette femme était fort belle. — Les principaux de la cour du Pharaon la virent aussi, et, devant le roi, ils firent l’éloge de sa beauté; et elle fut enlevée dans le palais du Pharaon; — lequel fit du bien à Abram à cause d’elle; de sorte qu’il obtint des brebis, des bœufs, des ânes, des serviteurs, des servantes, des ânesses et des chameaux.» (12:11-16)

Cette aventure est édifiante. L’Écriture Sainte n’a pas un mot de blâme pour l’Alphonse patriarcal. Des commentateurs ont censuré sévèrement la conduite d’Abraham; mais saint Augustin l’a défendue dans son livre contre le mensonge. Notons, en passant, que Saraï avait alors soixante-cinq ans; ni l’âge ni les fatigues du long voyage à travers le désert ne parvinrent à diminuer sa beauté; c’est merveilleux! Plus tard, quand elle aura quatre-vingt-dix ans, nous la verrons enlevée encore par un autre roi, et toujours à cause de sa beauté.

Le Pharaon se payait donc la superbe vieille et ne croyait aucunement cornifier un mari. Patatrac! l’œil de Dieu aperçut ce qui se passait au sérail égyptien.

«Alors l’Éternel frappa de grandes plaies le Pharaon et les gens de sa maison, à cause de Saraï. — Le Pharaon appela donc Abram et lui dit: Pourquoi as-tu agi ainsi? pourquoi ne m’as-tu pas dit que c’était ta femme? — Tu m’as dit, au contraire: C’est ma sœur; et j’en avais fait ma femme. Mais maintenant, voici ta femme, reprends-la, et va-t’en. — Et le Pharaon donna des ordres à ses gens; et Abram, sa femme, et tout ce qui lui appartenait, furent reconduits.» (12:17-20)

Voilà notre Abram de nouveau en route. «Il était très riche en bétail, en argent et en or» (13:2); il n’avait rien rendu au Pharaon, parbleu! «Et il s’en retourna par le même chemin qu’il était venu, du midi jusqu’à Béthel» (13:3).

Au cours de cette nouvelle pérégrination, survint une querelle entre les bergers d’Abram et ceux de Loth. L’oncle et le neveu se séparèrent, tout en demeurant les meilleurs amis du monde. Abram décida de demeurer au pays de Canaan, tandis que Loth, se rendant dans la plaine du Jourdain, se fixa à Sodome, où il dressa ses tentes.

A quelque temps de là, une guerre éclata entre divers rois, parmi lesquels celui de Sodome, et, dans la bagarre, Loth fut fait prisonnier. L’oncle Abram, qui avait déménagé encore une fois, ayant transporté ses tentes en Hébron, apprit la triste nouvelle; une sainte indignation remplit son cœur; il résolut donc de délivrer Loth.

On vit alors ce que peut la vaillance d’un patriarche. Ce nomade, qui n’avait pas un pouce de terre dans le pays, tenait sous ses ordres un grand nombre de domestiques, paraît-il; car «il en choisit trois cent dix-huit, qu’il arma», et, avec cette poignée de valets, il tailla en pièces les armées des quatre rois les plus puissants de la contrée: «Amraphel, roi de Sennaar, Arioch, roi de Pont, Chodorlahomor, roi des Elamites, et Thadal, roi des nations»; excusez du peu!… La victoire fut telle, qu’il «poursuivit les quatre monarques jusqu’à Dan», qui n’était pas encore bâti;

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