«et, ayant partagé ses serviteurs, il se jeta encore sur les rois durant la nuit, les battit et les poursuivit jusqu’à Hobar, à la gauche de Damas; et il ramena tout un riche butin, il ramena même Loth, et les femmes, et tout le peuple.» (14:1-16)
Or, les années s’écoulaient, et Abram était navré; il se demandait comment il aurait une postérité, comment se réaliseraient les promesses divines, en vertu desquelles il devait être le père d’une grande nation.
«L’Éternel lui dit: Abram, ne crains point; je suis ton bouclier et ta magnifique récompense. — Et Abram répondit: Seigneur, que me donneras-tu? Je passe ma vie sans avoir d’enfants: — et voilà, le serviteur qui est né dans ma maison sera mon héritier. — Mais l’Éternel lui adressa celte parole: Non, celui-ci ne sera point ton héritier; mais celui qui sortira de tes entrailles sera ton héritier. — Et, après l’avoir mené dehors, Dieu lui dit: Lève maintenant les yeux vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter; c’est ainsi que sera ta postérité.» (15:1-5)
Abram patienta encore.
«Or, Saraï, sa femme, ne lui avait point encore fait d’enfant; mais elle avait une servante égyptienne, nommée Agar. — Et elle dit à Abram: En vérité, Dieu m’a fermée, afin que je ne puisse enfanter. Joins-toi donc ma servante; peut-être aurais-je ainsi des enfants par elle. Et Abram obéit à la parole de Saraï.» (16:1-2)
Ceci voulait dire que Saraï adopterait l’enfant de sa servante, selon la coutume orientale: un père ou une mère mettait l’enfant d’un autre sur ses genoux, et cela suffisait pour le légitimer.
«Alors, Saraï prit Agar, sa servante égyptienne, et la donna pour concubine à Abram, son mari, après qu’il eût demeuré dix ans au pays de Canaan. — Il connut donc Agar, et elle conçut; mais Agar, voyant qu’elle avait conçu, méprisa sa maîtresse. — Saraï dit alors à Abram: L’outrage qu’on me fait rejaillit sur toi. J’ai mis ma servante dans ton sein, et depuis qu’elle s’est vue enceinte, elle me regarde avec mépris. Que Dieu juge entre moi et toi! — Abram répondit: Allons, la servante est entre tes mains; traite-la comme il te plaira. Saraï donc la battit, et Agar s’enfuit.» (16:3-6)
Charmant, n’est-ce pas, ce petit intérieur de patriarche?…
Heureusement, un ange rencontra Agar dans le désert, et, après lui avoir fait la leçon, il l’encouragea.
«Retourne à ta maîtresse, dit l’ange du Seigneur, et humilie-toi sous elle. — Je multiplierai tellement ta postérité qu’elle ne se pourra compter. — Et le fils que tu mettras au monde, tu l’appelleras Ismaël; car l’Éternel a entendu la voix dans ton affliction.» (16:9-11)
Voici un détail curieux que les tonsurés omettent dans leurs manuels d’histoire sainte, et qui est pourtant dans la Bible: l’ange qui apparut à Agar, et qu’elle prit pour un dieu, ne se fit pas voir d’elle de face; il ne lui montra que son derrière. Textuel!