Sophie M réveillée le lendemain matin par sa mère qui entra en lui apportant un plateau rempli de cadeaux. Elle avait même planté un petit drapeau norvégien dans une bouteille de soda vide.
— Bon anniversaire, Sophie !
Sophie frotta ses yeux qui étaient encore tout ensommeillés. Elle essaya de se rappder tout ce qui s'était passé la veille. Mais ce n'étaient que des pièces d'un puzzle qu'elle ne parvenait pas à assembler. Il y avait Alberto, il y avait Hilde et le major, Berkeley et Bjerkefy. La pièce la plus foncée du puzzle, c'était le violent orage. Elle avait eu comme une crise de nerfs. Sa mère l'avait frottée énergiquement avec une serviette et mise au lit purement et simplement avec une bonne tasse de lait chaud au miel, et elle s'était endormie sur-le-champ.
— Je crois que je suis encore en vie, parvint-elle à balbutier.
— Mais enfin, quelle idée! Tu as même quinze ans aujourd'hui.
—Tu en es vraiment sûre ?
— Évidemment Tu penses qu'une mère peut oublier la date de naissance de son unique enfant? Le 15 juin 1975... à une heure et demie, Sophie. Je crois que cela a été le plus beau moment de ma vie.
— Et si tout cela n'était qu'un rêve?
— Ce ne serait en tout cas pas un rêve si désagréable que de se réveiller entourée de tartines beurrées, de jus d'orange et de cadeaux d'anniversaire.
Elle déposa le plateau avec les cadeaux sur une chaise et dis parut un instant de la chambre avant de revenir avec un autre plateau chaîné cette fois de tartines beurrées et de jus d'orange, qu'elle mit au pied du lit de Sophie.
Puis ce lut le traditionnel déballage de cadeaux qui remontait aussi loin dans le souvenir que possible, peut-être même jusqu'aux premiers gémissements du bébé qu elle avait été. Sa mère lui offrit une raquette de tennis. Elle n'avait encore jamais joué au tennis, mais il y avait des courts de tennis à cinq minutes de l'allée des Trèfles. Quant à son père, il lui avait fait parvenir une minichaîne avec écran de télévision et bande FM. L'écran n'était guère plus grand qu'une photo. Elle reçut aussi toutes sortes de menus présents de la part de vieilles tantes et d'amis de la famille.
— Veux-tu que je reste à la maison aujourd'hui? demanda sa mère au bout d'un moment
— Non, pourquoi ça?
— Tu n allais vraiment pas bien hier soir. Si ça continue, je pense qu'il serait plus sage d'aller consulter un psychologue.
— Non, je ne crois pas que ce soit nécessaire.
— C'était à cause de l'orage... ou bien à cause de cet Alberto?
— Et toi là-dedans? N'as-tu pas dit toi-même : « Mais qu'est-ce qui nous arrive, ma chérie ? »
— Je pense que si tu commences à traîner en ville et rencon trer des gens bizarres, c'est peut-être ma faute...
— Ce n'est la faute de personne si je suis un petit cours de philosophie quand je n'ai rien d'autre à faire. Allez, va à ton travail. On doit tous se retrouver à l'école à deux heures. On va nous remettre nos bulletins et il y a une petite fête après.
— Tu connais déjà tes notes ?
—J'aurai en tout cas de bien meilleures notes qu'au dernier trimestre.