Nous parlons de comment Marx voyait les choses. D faut tout replacer dans le contexte social du milieu du xixe. Et , il faut malheureusement répondre haut et fort par oui. Les ouvriers travaillaient parfois jusqu'à douze heures par jour dans des hangars de production glacials. La paie était si faible que bien souvent les enfants et les femmes qui relevaient à peine de couches étaient obligés de travailler aussi. La misère sociale était réellement indescriptible. En certains endroits, les hommes étaient en partie payés avec des litres de tord-boyaux et les femmes étaient contraintes de se prostituer. Leurs clients étaient les « hommes de la ville ». Bref, ce qui devait permettre à l'homme de s'élever, c'est-à-dire le travail, faisait de lui un animal.

Mais c'est révoltant !

Telle fut aussi la réaction de Marx. Pendant ce temps, après avoir pris un bain rafraîchissant, les enfants des bour geois pouvaient jouer du violon dans de grands salons bien chauffés ou encore s'asseoir au piano avant de passer à table pour déguster un délicieux repas composé de quatre plats différents. Il est vrai que le violon et le piano convenaient pas mal à une fin de soirée, après une longue promenade à cheval...

C'est écœurant ! C'est trop injuste !

Marx était de ton avis. En 1848, il publia avec Friedrich Engels le célèbre Manifeste du parti communiste. En voilà la première phrase : « Un spectre hante l'Europele spectre du communisme. »

Arrête, ça me fait peur.

Eh bien à la bourgeoisie aussi, car les prolétaires avaient commencé à se révolter. Tu veux entendre la fin du Manifeste?

Avec plaisir.

« Les communistes dédaignent de dissimuler leurs concep tions et leurs desseins. Ils expliquent ouvertement que leurs objectifs ne peuvent être atteints que par le renversement vio lent de tout ordre social passé. Que les classes dominantes trem blent devant une révolution communiste. Les prolétaires n'ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner.

HQÉIAIFE EE TCLS LB PA\§ LNBSZVOLS ! »

Si la situation était aussi terrible que tu me l'as décrite, je crois que j'aurais signé tout de suite. Mais les choses ont bien change depuis, non?

En Norvège, oui, mais pas partout. Beaucoup continuent de vivre dans des conditions inhumaines, tout en produisant des marchandises qui rendent les capitalistes encore plus riches. C'est ce que Marx appelle 1' exploitation.

Est-ce que tu peux m'expliquer un peu mieux la significa tion de ce mot?

Si le travailleur produit une marchandise, cette marchan dise aura un certain prix de vente.

Oui et alors ?

Si tu soustrais du prix de vente le salaire du travailleur et les autres coûts de production, il restera toujours une somme. Cette somme, Marx l'appelle la plus-value ou le profit. Cela revient à dire que le capitaliste détourné à son profit une valeur que le travailleur seul a créée. C'est ça, l'exploitation.

Je comprends.

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