Ses observations sur la vie des oiseaux dans les îles Gala pagos lui permirent d'aller plus loin. D'une île à l'autre, il put observer des variations très précises entre différentes espèces de pinsons. Darwin établit une corrélation entre la forme de leur bec et le type de nourriture qu'ils trouvaient sur l'île ("raines de pommes de pin ou insectes vivant sur les troncs aarbres et les branches). Chacun de ces pinsons possédait en effet un type de bec (pointu ou crochu) parfaitement adapté pour saisir sa nourriture. Tous ces pinsons descendaient-ils d'une seule espèce qui, au cours des ans, s'était adaptée à l'environnement de ces différentes îles pour aboutir à l'exis tence de plusieurs nouvelles espèces de pinsons ?

Il est donc parvenu à cette conclusion?

Oui, c'est peut-être sur les îles Galapagos que Darwin est devenu « darwiniste ». Il remarqua aussi que la vie animale sur ce petit groupe d'îles présentait de grandes similitudes avec des espèces animales qu il avait observées en Amérique du Sud. Dieu avait-il réellement créé une bonne fois pour toutes ces espèces avec leurs légères différences entre elles ou bien s'était- il produit une évolution ? Il douta de plus en plus de la préten due immuabilité des espèces, mais n'avait encore aucune théorie satisfaisante pour expliquer comment une telle évolu tion, ou adaptation à l'environnement, pouvait se produire. Il y avait encore un argument pour démontrer que tous les animaux sur terre étaient apparentés.

Ah?

Cela concernait l'évolution du fœtus chez les mammifères. Si l'on compare le fœtus d'un chien, d'une chauve-souris, d'un lapin et d'un être humain à un stade précoce, il est presque impossible de les distinguer clairement les uns des autres. Il fout attendre un stade beaucoup plus avancé pour que le fœtus d'un être humain ne ressemble plus à celui d'un lapin. Cela ne serait-il pas le signe que nous serions tous lointainement appa rentés les uns aux autres?

Mais il n'avait toujours aucune explication pour cette évo lution?

Non, il ne cessait de réfléchir à la théorie de Lyell sur ces infîmes changements qui pouvaient à la longue provoquer d'énormes bouleversements. Mais il ne trouvait aucune expli cation qui pût tenir lieu de principe universel. Il connaissait la théorie du zoologue français Lamarck qui avait démontré que les espèces animales avaient progressivement développé ce dont elles avaient besoin. Les girafes par exemple avaient fini par avoir un long cou car pendant des générations elles avaient tendu le cou pour atteindre les feuilles des arbres. Lamarck pensait aussi que les qualités obtenues avec peine par un indi vidu étaient transmises à la génération suivante. Mais Darwin dut rejeter, faute de preuves, cette théorie audacieuse sur les « caractères acquis » et qui seraient héréditaires. Mais autre chose lui trottait dans la tête : il avait pour ainsi dire le méca nisme même de l'évolution des espèces sous les yeux.

J'attends de voir tu veux en venir.

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