— « Espérons que tout ceci n'est pas vrai, avait dit une dame comme il faut, mais si cela devait être vrai, espérons que cela puisse rester entre nous. » Un scientifique d'une certaine noto riété avait quelque peu exprimé la même chose en disant :
« C'est une découverte humiliante, et moins on en parlera, mieux ça vaudra »
— On dirait qu'ils veulent plutôt démontrer que l'homme descend de l'autruche!
— Ça, tu peux le dire ! Mais il est facile de juger avec le recul, alors que sur le moment beaucoup se voyaient contraints de voir d'un œil radicalement neuf tout le récit de la Création dans la Bible. Le jeune écrivain
— Et ces coups de marteau, c'était la parole de Dieu mise en doute?
— Sans doute. Mais ce n'était pas seulement l'interprétation au pied de la lettre de la Création dans la Bible qui devenait caduque. Toute la théorie de Darwin repose sur 1 idée que ce sont des variations tout à fait accidentelles qui ont, en dernière instance, permis à l'homme d'apparaître sur la Terre. En d'autres termes, Darwin avait osé faire de l'homme le produit de quelque chose de fort peu romantique, à savoir la « lutte pour la vie ».
— Est-ce que Darwin précise comment ont lieu ces « varia tions accidentelles »?
— Tu touches là le point faible de sa théorie. D ne pressentait que très vaguement l'importance de l'hérédité. Certains carac tères disparaissent lors d'un croisement. Un couple n'aura jamais deux enfants parfaitement identiques. Déjà là, il y aura une légère variation. D'un autre côté, jamais quelque chose de vraiment neuf ne verra le jour de cette manière. Il y a des plantes et des animaux qui se créent par gemmation ou division cellulaire. Quant à savoir comment ces variations apparaissent, le
— Raconte !
— Tout ce qui est vivant, tout ce qui se crée a fondamentale ment un rapport avec la division cellulaire. Quand une cellule se divise en deux, cela crée deux cellules avec exactement le même patrimoine génétique. La division cellulaire est en fait un processus de duplication d'une cellule.
— Et alors?
— Mais il arrive que de minuscules erreurs se glissent lors de ce processus, de sorte que le double de la cellule ne res semble pas cent pour cent à la cellule qui a servi de modèle. La biologie moderne appelle cela une mutation. Certaines muta tions peuvent n'avoir pas le moindre intérêt, tandis que d'autres peuvent provoquer de grandes modifications dans les qualités de l'individu. Il peut