Le terme « projeter » signifie ici que nous prêtons à d'autres des sentiments ou des pensées que nous avons refoulés en nous-mêmes. Quelqu'un de très avare, par exemple, reconnaî tra vite l'avarice chez autrui. Un homme ou une femme qui aura honte d'avouer qu'il ou elle s'intéresse à la sexualité aura tôt fait de critiquer les autres et les traiter d'obsédé(e)s sexuel(le)s.

Je vois ce que tu veux dire.

Freud prétend que notre vie quotidienne fourmille de tels exemples d'actions inconscientes. Nous oublions constamment le nom d'une certaine personne, nous tortillons nos vêtements pendant que nous parlons ou nous déplaçons sans nous en

rendre compte certains objets apparemment anodins. Sans par ler de toutes ces fois notre langue fourche et nous disons des mots pas si innocents que ça. Tout cela, ce ne sont selon Freud que des symptômes. Ces lapsus d'action ou de langue tra hissent en fait nos secrets les plus intimes.

J'ai intérêt dorénavant à faire attention à ce que je vais dire.

Oui, mais tu ne pourras pas échapper à tes impulsions inconscientes. Toute l'astuce consiste justement à ne pas faire trop d'efforts pour rejeter les pensées inavouées dans l'incons cient C'est comme quand on veut|i tout prix reboucher le trou d'une taupinière dans un jardin. A force de vouloir trop bien faire, la taupe fera déboucher sa galerie un peu plus loin, c'est tout. Aussi est-ce plus sain de laisser la porte entrebâillée entre la conscience et l'inconscient.

Et si l'on ferme la porte, c'est que l'on risque de déve lopper des maladies psychiques?

Oui, un névrosé est quelqu'un qui fait tout son possible

E

our chasser de sa conscience tout ce qui le « met mal à l'aise ». e plus souvent, il s'agit d'expériences d'une telle importance qu'il est vital pour la personne de les refouler. Freud appelait ce genre d'expérience particulières des traumatismes. Le terme grecTPcajTla (traumà) signifie « blessure ».

Je comprends.

Lors du traitement de ses patients, Freud tentait de forcer cette porte close ou à défaut d'en ouvrir une autre. Avec l'aide du malade, il essayait de faire remonter à la surface de la conscience ces expériences refoulées. Le patient ne sait pas, lui, ce qu'il refoule. Mais il peut participer et comprendre la démarche du praticien qui est de faire resurgir ces trauma tismes cachés.

Comment s'y prend le médecin?

Freud mit au point ce qu'il a appelé la technique d'asso ciations libres. Le patient est allongé dans une position décon tractée et parle librement de tout ce qui lui vient à l'esprit, de futilités comme de choses graves ou penibles. L'art du praticien va consister à casser ce « couvercle » ou ce « contrôle » qui maintient enfermés les traumatismes. Car ce sont précisément ces traumatismes qui occupent constamment le patient. Ils agis sent en permanence, mais la personne ne s'en rend pas compte.

Plus on fait des efforts pour ne pas penser à quelque chose, plus l'inconscient, lui, se charge d y penser, n'est-ce pas?

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