Tu vas me manquer, répondit sa mère. Mais s'il y a un ciel au-dessus de celui-ci, tu n'as qu'à prendre ton envol. Je pro mets de veiller sur Govinda. Au fait, c'est une ou deux feuilles de salade qu'il lui faut par jour?

Alberto posa la main sur son épaule :

Nous n'allons manquer ni à vous ni à personne, tout sim plement parce que vous n'existez pas. Vous n'avez donc pas ce qu'il faudrait pour pouvoir nous regretter.

C'est la pire injure que j'aie jamais entendue jusqu'ici! s'écria madame IngeDrigtsen.

Son mari l'approuva de la tête.

De toute façon, il aura à répondre de ses insolences. Je te parie que c'est un communiste. D veut nous enlever tout ce qui nous est cher. C'est de la racaille, un voyou de la pire espèce...

Après cet échange, Alberto et le conseiller financier se rassi rent. Ce dernier était rouge de colère. Jorunn et JOrgen revin rent à table. Leurs vêtements étaient sales et froissés, de la terre et de la boue collaient aux cheveux blonds de Jorunn.

Maman, je vais avoir un bébé, annonça-t-elle.

C'est très bien, mais attends au moins qu'on soit rentrés à la maison.

Son mari vint tout de suite à la rescousse :

Elle n'a qu'à se retenir ! Si le baptême doit avoir lieu ce soir, ce sera à elle de tout organiser.

Alberto lança à Sophie un regard grave.

Le moment est venu.

Tu ne pourrais pas aller nous chercher un peu de café avant de partir? demanda sa mère.

Bien sûr que si, Maman, j'y vais.

Elle prit la Thermos à café posée sur la table. À la cuisine, elle dut brancher la cafetière electrique et, en attendant, elle donna à manger aux oiseaux et aux poissons. Elle fît un petit tour à la salle de bains et laissa une grande feuille de salade à Govinda. Elle ne vit pas le chat, mais elle versa le contenu d'une grande boîte dans une assiette creuse et la posa sur le pas de la porte. Elle avait les larmes aux yeux.

Quand elle revint avec le café, la fête ressemblait davantage à un goûter d'enfants qu'à l'anniversaire d'une fille de quinze ans. Beaucoup de bouteilles étaient couchées sur la table, la nappe était barbouillée de chocolat, le plat avec les brioches était renversé. Au moment Sophie revenait, un des garçons était en train de glisser une fusée à l'intérieur du gâteau à la crème. Elle explosa en éclaboussant de crème toute la table et les invités. Mais ce fui le pantalon rouge de madame Ingebrigtsen qui en reçut le plus.

Le plus étrange, c'était le grand calme avec lequel ils pre naient les choses. Jorunn prit a son tour un grand morceau de gâteau au chocolat et en barbouilla le visage de JOrgen. Tout de suite après, elle entreprit de le lécher pour le nettoyer.

La mère de Sophie et Alberto avaient pris place dans la balancelle, un peu à l'écart des autres. Ils firent signe à Sophie de venir les rejoindre.

Vous avez enfin pu vous expliquer entre quatre-z-yeux? demanda Sophie.

Et tu avais tout à fait raison, répondit sa mère toute joyeuse. Alberto est quelqu'un de très bien. Je te confie à ses bras vigoureux.

Sophie s'assit entre eux.

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