«Or, Loth monta de Tsohar et vint habiter sur la montagne avec ses deux filles; car il craignait de demeurer dans Tsohar. Et il se retira dans une caverne avec ses deux filles. — Et l’aînée dit à la cadette: Notre père est vieux, et il n’est resté aucun homme sur la terre qui puisse entrer en nous, selon la coutume de tous les pays. — Viens donc; enivrons notre père avec du vin, et couchons avec lui, afin de pouvoir susciter de la semence de notre père. — Alors, elles donnèrent du vin à boire à leur père cette nuit-là. Puis, l’aînée s’approcha et coucha avec son père; mais il ne sentit rien, ni quand il se coucha, ni quand il se releva. — Et, le lendemain, l’aînée dit à la cadette: Voici, j’ai couché la nuit passée avec notre père: donnons-lui du vin à boire ce soir encore, et tu coucheras avec lui à ton tour, afin que nous gardions de la semence de notre père. — En cette nuit-là donc, elles enivrèrent encore leur père, et la plus jeune coucha avec lui, qui n’en sentit rien, ni quand elle concourut avec lui, ni quand elle se leva. — Ainsi, les deux filles de Loth furent grosses de leur père. — L’aînée enfanta un fils, qu’elle nomma Moab: c’est lui qui est le père des Moabites, et sa descendance existe encore aujourd’hui. — Et la cadette enfanta aussi un fils, qu’elle nomma Ammon; c’est lui qui est le père des Ammonites, et sa descendance existe encore aujourd’hui.» (19:30-38)
Ce texte a beau être le produit de l’inspiration directe de l’Esprit-Saint; il n’en est pas moins infect. Cette aventure de Loth et de ses filles ne pouvait échapper à la juste critique de Voltaire; aussi, pour la commenter, nous nous effacerons complètement derrière le grand philosophe. Les réflexions de cet homme de génie, qui fut le père intellectuel de la Révolution, sont aussi utiles aujourd’hui qu’au siècle passé, puisque la superstition est encore debout, avec ses dogmes et ses prêtres.