C’est maintenant que nous allons voir s’accomplir les promesses de papa Bon Dieu, relatives à la grande multiplication de la descendance d’Abraham.

Entre la mort de Sara et son mariage avec Cétura, patriarche s’était occupé d’établir son fils de prédilection; cet épisode fait l’objet du chapitre 24 de la Genèse.

On se souvient que Nachor, frère d’Abraham, avait épousé la nièce Milca. Or, ce sire Nachor, qui, lui, n’aimait point passer sa vie à courir les déserts, s’était fixé dans un pays fertile, en Mésopotamie. Là, il eut de Milca huit fils, nommés Huts, Buz, Kémuel, Késed, Hazo, Pildas, Jidlaph et Bathuel; et, comme ces huit gosses ne lui suffisaient pas, il prit en outre une concubine, nommée Réuma, dont il eut encore quatre fils, auxquels il donna les noms de Tébah, Gaham, Tahas et Mahaca. (22:20-24) A leur tour, ces enfants multiplièrent, notamment Bathuel qui eut, entre autres, un garçon, Laban, et une fille, Rébecca. C’est cette dernière, qui, par la grâce de Jéhovah, devait devenir Mme Isaac.

Donc, le vieil Abraham manda auprès de lui, un beau matin, le plus ancien de ses serviteurs, qui était en même temps l’intendant chargé de l’administration de ses richesses. Dans la Genèse, cet intendant n’est nommé qu’au chapitre 15; il s’appelait Dammésec Eliézer.

«Abraham lui dit: Je t’en prie, tiens un moment dans ta main mon sexe, et ainsi jure-moi que tu ne prendras aucune des filles des Cananéens, pour la faire épouser à mon fils, mais que tu iras dans la terre où résident mes parents et que tu y choisiras l’épouse d’Isaac.» (24:2-4)

Les commentateurs sceptiques se sont amusés de cette manière de faire prêter serment. Saint Jérôme et les traducteurs de la Vulgate, la trouvant trop raide, ont modifié les termes de ce passage de la Genèse; selon eux, Abraham aurait dit à Eliézer: «Mets ta main sous ma cuisse, el ainsi jure-moi, etc.» Toutefois, le texte original hébreu porte:

«Prends dans ta main mes parties génitales.» Les savants expliquent ceci en disant que les parties viriles étaient en grande vénération, non seulement à cause de la circoncision qui les avait consacrées à Dieu, mais parce qu’elles sont la source de la propagation du genre humain et le gage de la bénédiction du Seigneur. Si bizarre que puisse paraître cette façon de s’engager par serment, il faut s’incliner avec respect; car on ne doit jamais perdre de vue que tout ceci est dicté par l’Esprit-Saint. Les savants disent donc que, chaque fois qu’on trouve le mot cuisse dans la Bible arrangée par saint Jérôme, il faut lire autre chose; ainsi, quand on lit plus loin qu’un chef de nation sortit de la cuisse de Juda, il est évident qu’il y a là une altération du texte sacré, attendu que les enfants ne se font pas par la cuisse, et que, d’ailleurs, on l’a pu voir, le divin pigeon ne se gêne pas pour parler crûment.

«Eliézer jura donc en tenant en main les parties génitales d’Abraham son maître» (v. 9); après quoi il se mit en route avec dix chameaux, et se rendit en Mésopotamie. Ah! il y avait du chemin! Quand Eliézer arriva à quelque distance de la ville où il comptait retrouver des parents de son maître, il était exténué et mourait de soif. Heureusement, il fit la rencontre d’une jolie brunette qui se balladait dans ces parages, pour aller chercher de l’eau à un puits situé hors des portes. Cette aimable personne, très charitable, vint au secours d’Eliézer et l’abreuva, ainsi que ses chameaux. Mais admirez la Providence: la brunette n’était autre que Rébecca, fille de Bathuel, petite-fille d’Abraham.

Eliézer, lui ayant fait cadeau d’une bague et de deux bracelets, s’informe de son nom. Tableau! Vite, il demande à être conduit dans la famille. Rébecca l’emmène, le présente à son père et à son frère. L’intendant explique à ceux-ci qu’il a accompli ce voyage dans le but de découvrir en Mésopotamie une épouse pour Isaac. Bathuel et Laban s’écrient: La main de Dieu est visible en tout ceci; que Rébecca parte donc au plus vite avec toi, et qu’elle soit la femme du fils de ton maître. Eliézer, tout joyeux du succès si prompt de sa mission, comble Rébecca de bagues d’argent et d’or et d’habits somptueux; «il donna aussi des présents exquis à son frère et à sa mère».

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