«Hélas! c’est vraiment la robe de mon fils chéri! il aura été rencontré par une bête féroce! il a été dévoré! voilà tout ce qui reste de lui!»
Et il fut dans un grand désespoir. D’abord, il déchira tous ses vêtements; ensuite, il se revêtit d’un cilice et pleura Joseph pendant plusieurs jours. Et il disait, au milieu de ses larmes:
«Je descendrai dans la fosse avec mon fils!» (37:33-35)
D’autre part, les marchands avaient conduit Joseph en Egypte, et là, ils le revendirent à un haut personnage de la cour; l’auteur sacré le nomme et énumère ses titres et qualités: c’était le sire
Mais n’anticipons pas. Pendant que Joseph est esclave chez Putiphar, une nouvelle série d’épisodes édifiants se déroule dans la famille de Juda, le quatrième fils de Jacob.
«En ce temps-là, Juda se rendit chez un addullamite nommé Hira. — Là, il lia connaissance avec la fille d’un nommé Sçuah, cananéen; il la prit et coucha avec elle.» (38:1-2)
On remarquera que papa Bon Dieu a beau défendre à ses patriarches de prendre pour femmes des idolâtres, et, en particulier, des cananéennes, race maudite, les patriarches ne tiennent guère compte de ces défenses et n’en sont pas moins chéris de Jéhovah. Plus tard, les chrétiens, adoptant les bêtises et les turpitudes de la Bible juive, feront, pour la généalogie de leur Jésus, les choix les plus stupéfiants; ils lui donneront pour aïeules précisément les idolâtres, les adultères et les prostituées.
«Or, la femme de Juda conçut, et elle lui enfanta un fils qui fut nommé Her. — Elle conçut encore, et son second fils fut nommé Onan. — Et elle enfanta un troisième fils, qui reçut le nom de Séla. — Plus tard, Juda fit épouser à Her son premier-né, une fille nommée Thamar. — Mais Her était méchant devant l’Éternel, et Dieu le tua.» (38:3-7)
La sagacité des théologiens s’est exercée au sujet du crime de Her, la Bible n’en disant pas davantage; vu la suite de l’historiette, et en considérant que Dieu avait décidé de faire descendre de Juda son Messie, les commentateurs catholiques ont conclu que ce crime consistait à n’user de sa femme qu’à la mode des Sodomites. Dieu fit mourir Her, disent-ils, parce qu’il agissait ainsi pour ne pas avoir d’enfants; et la preuve, c’est que le texte sacré emploie ici l’expression
«Alors, Juda dit à Onan: Entre en la veuve de ton frère, et qu’elle soit ta femme; ainsi tu susciteras la semence de ton frère.» (38:8)
C’est textuel, vous savez! Et ceci veut dire que, selon la coutume juive, les enfants naissant dans ces conditions seraient les héritiers du défunt, et non de leur véritable père.
«Mais Onan, sachant que les enfants qu’il ferait ne seraient pas considérés comme les siens, répandait sa semence par terre chaque fois qu’il s’approchait de sa femme, afin de ne pas donner des enfants à son frère.» (38:9)
Absolument textuel, ça encore! Le nom d’onanisme vient de cet édifiant épisode biblique.