«mais il remit tout ce qui était à lui entre les mains de Joseph, si bien qu’il ne s’informait plus de rien, sinon des ragoûts qui étaient servis à la table. Or, Joseph avait la taille bien prise et était tout-à-fait beau à voir. — Il arriva donc que la femme de Putiphar remarqua les agréments de Joseph, et elle lui dit un jour: Couche avec moi. — Mais il refusa et répondit à la femme de son maître: Voici, mon maître m’a confié tout ce qui lui appartient et il ne s’occupe plus de ce qui se passe chez lui. — Personne n’est au-dessus de moi dans sa maison, et il ne m’a rien interdit que toi, parce que tu es sa femme. Comment donc ferais-je ce mal et pécherais-je contre Dieu? — Et bien qu’elle en parlât tous les jours à Joseph, celui-ci ne voulut point l’écouter; refusant de coucher avec elle, il évita même de se trouver en sa compagnie. — Mais il arriva qu’un jour il vint à la maison, à un moment où tous les domestiques étaient absents. — Alors, elle le prit par son manteau et lui dit encore: Allons, couche avec moi. Mais lui, il se dégagea, et, lui laissant son manteau entre les mains, il s’enfuit hors du logis.» (Versets 6 à 12)
Au retour de Putiphar, sa femme lui raconta les choses tout à rebours.
«Cet esclave hébreu que tu as amené ici a tenté de me déshonorer; mais j’ai crié, et il s’est enfui; tiens, voici son manteau, qu’il a laissé dans la chambre.» (39:17-18)
Putiphar, en apprenant le prétendu attentat, fut tellement furieux, qu’il ne voulut entendre aucune explication de Joseph et le fit aussitôt jeter dans un étroit cachot de la grande prison où le roi faisait enfermer ses prisonniers. Or, le gardien-chef prit le bel esclave hébreu en affection; bientôt il adoucit son infortune en le chargeant de la direction de tous les autres prisonniers, de sorte que, dans la prison, rien ne se faisait sans les ordres de Joseph.
Plus tard, en un temps que l’auteur sacré ne précise pas, le panetier et l’échanson du roi tombèrent en disgrâce et devinrent les compagnons de captivité du fils de Jacob; d’après la Bible, ces personnages étaient encore deux eunuques. Un matin, Joseph, leur trouvant le visage triste, leur en demanda la raison. Ils répondirent: