Ce n’est pas tout. Sur l’avis du roi, Joseph changea de nom, et il s’appela dès lors Tsaphénath-Pahanéah. Puis, Pharaon le maria, et vous ne devineriez jamais, chers lecteurs, qui Sa Majesté lui donna pour femme. — La Genèse nous avait déjà procuré un étonnement, quand nous y lûmes tout-à coup que l’eunuque Putiphar était marié; eh bien, le divin pigeon nous gardait en réserve une nouvelle surprise. Pendant la longue captivité de Joseph, cet eunuque pourvu d’une femme très inflammable avait changé de fonctions: aux chapitres 37 et 39, nous l’avons vu prévôt de l’hôtel du roi; au chapitre 41, nous le retrouvons prêtre d’Héliopolis. Or, pendant ce temps, Madame Putiphar devint mère; ce qui donne à croire que les dieux des Égyptiens faisaient, eux aussi, des miracles. Avec les livres saints de n’importe quelle mythologie, il faut tout admettre: or, l’on constate qu’au chapitre 41 Putiphar n’est plus qualifié d’eunuque par la surépatante Genèse; une prière au saint Antoine de cette époque-là lui avait donc fait retrouver ce qu’il avait perdu. Et voilà, sans aucun doute, comment Putiphar, devenu prêtre d’Héliopolis, ville sainte d’Égypte, fut papa d’une délicieuse petite fille, nommée Aseneth, laquelle grandit en âge et en beauté et se trouva là bien à point pour être Madame Tsaphénath-Pahanéah, lorsque Joseph fut nommé premier ministre. Et l’on ne saurait trop admirer l’esprit de justice de Pharaon: le vertueux Joseph avait durement souffert par suite de la bêtise de Putiphar et de la coquinerie de son ardente épouse; nulle autre réparation n’eût été aussi équitable. Moralité: Putiphar, n’ayant pas été cocufié par Joseph, lui devait bien de le prendre pour gendre; c’est clair!
Cette partie de l’histoire de Joseph permet d’émettre une réflexion venant à l’appui d’une observation qui a été faite au début de cet ouvrage. Les Juifs, avons-nous remarqué, disent